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Un maître de la perspective
Alberta de Nicolo Salmazo   Mantegna
Citadelles & Mazenod 2004 /  139 € - 910.45 ffr. / 335 pages
ISBN : 2-85088-114-7
FORMAT : 30x35 cm
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Spécialiste de la peinture de la Renaissance en Vénétie et dans le Nord de l’Italie, Alberta De Nicolò Salmazo nous livre ici une passionnante mise au point sur les dernières recherches concernant Andrea Mantegna (1431-1506). Prenant en compte les apports récents sur le sujet, l’auteur commente, œuvre par œuvre, la production de Mantegna. Elle a choisi de séparer la vie du peintre de l’analyse de ses œuvres. Même si ce choix est contestable (les deux aspects étant difficilement dissociables) et oblige à des redites, il permet de suivre pas à pas les toutes premières biographies de Mantegna, qui datent du milieu du XVIe siècle. Or, l’analyse des deux versions de la vie de Mantegna par Giorgio Vasari dans ses célèbres Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, s’avère très intéressante.

Originaire des environs de Mantoue, Andrea Mantegna est le fils d’un menuisier et a été formé dans un atelier padouan réputé, celui de Francesco Squarcione, où les élèves pratiquaient vraisemblablement à la fois la peinture et la sculpture. Sa carrière se déroule principalement dans deux villes, Padoue et Mantoue ; l’auteur traite donc séparément ces deux périodes de la vie du peintre. Il faut souligner que la vie de Mantegna, relativement longue, coïncide avec l’apogée puis le déclin des cours d’Italie du Nord, propices à des expériences artistiques riches et variées.

L’activité de Mantegna à Padoue est marquée par sa participation à la décoration de la chapelle des Ovetari dans l’église des Eremiti (en partie détruite dans un bombardement en 1944). C’est à cette occasion que le peintre mène ses premières recherches sur la perspective. Il est alors en contact avec d’autres artistes avec lesquels les échanges sont fructueux, notamment Nicolò Pizzolo et Jacopo Bellini ainsi que ses fils Gentile et Giovanni (dont il épouse la sœur). Mantegna réalise également dans la première partie de sa vie le Retable de Saint Zénon de Vérone.

La deuxième partie de la carrière de Mantegna se déroule principalement à Mantoue, au service des Gonzague. Cette position de peintre de cour fut un honneur mais aussi une contrainte, puisque Mantegna ne pouvait accepter de commandes sans l’autorisation de ses protecteurs. C’est pour eux qu’il réalise la célèbre Chambre des époux (camera picta) du château Saint-Georges. Cette composition présente plusieurs aspects novateurs, notamment du point de vue de la perspective : pour la première fois dans l’histoire de la peinture, le peintre adopte le regard d’un spectateur placé dans la scène et non pas devant. C’est aussi à Mantoue qu’il réalise La Déploration du Christ (parfois appelée Christ mort) et la grande fresque du Triomphe de César. Il ne quitte Mantoue qu’une seule fois, pour Rome où il a été convoqué par le pape Innocent VIII, afin de décorer la chapelle privée du pontife dans la résidence du Belvédère (cette œuvre a été détruite au XVIIIe siècle).

A travers l’étude minutieuse de ces œuvres, A. De Nicolò Salmazo met en valeur plusieurs spécificités du style de Mantegna. Son originalité réside dans son travail novateur sur la perspective (avec le «raccourci en perspective» : la scène est vue depuis le bas). La production de Mantegna se caractérise également par un intérêt renouvelé pour l’Antiquité romaine et notamment pour l’étude des inscriptions lapidaires antiques (qui se retrouvent dans ces œuvres), cet intérêt étant à replacer dans le contexte de ses relations avec le milieu humaniste de Padoue. Cette étude souligne l’influence déterminante de la sculpture – à travers Donatello – et de l’architecture – à travers Leon Battista Alberti – sur l’œuvre de Mantegna.

Cette nouvelle monographie présente donc les dernières avancées dans les recherches sur l’œuvre du peintre. L’ouvrage, ayant pris le parti d’étudier une par une les œuvres de l’artiste, ne propose ni introduction, ni conclusion, ni synthèse sur les caractéristiques du style de Mantegna. Il s’adresse à des amateurs déjà au fait de la question ainsi qu’aux spécialistes, pour lesquels il a vocation à servir d’ouvrage de référence (le catalogue raisonné et l’abondante bibliographie seront à cet égard précieux). L’utilisation de cet ouvrage s’avère toutefois difficile en l’absence de structuration du texte et de numérotation des reproductions iconographiques - par ailleurs superbes.


Cécile Obligi
( Mis en ligne le 26/05/2004 )
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