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Une découverte
Anne Dulau   Selina Skipwith   Les Coloristes écossais - de 1900 à 1935
Somogy 2004 /  29 € - 189.95 ffr. / 120 pages
ISBN : 2-85056-756-6
FORMAT : 26x29 cm

L'auteur du compte rendu : Béatrice Brengues a une formation d'historienne de l'art, elle s'intéresse aux arts décoratifs du XXe siècle et poursuit des recherches sur le sculpteur Joachim Costa. Elle travaille parallèlement à Drouot chez un commissaire priseur.
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Profitant de l’anniversaire des 100 ans de l’Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni, la Fondation Mona Bismarck nous révèle un groupe d’artistes d’outre-Manche qui incarnèrent très bien, au début du siècle dernier, le rapprochement des deux cultures. Bien que présents dans les collections publiques françaises, ils n’avaient été que peu exposés par nos musées et il n’existait aucune publication en français sur les Coloristes. On découvre avec beaucoup de plaisir un univers pictural silencieux, sobre et dense, méconnu et pourtant proche de nos grands maîtres du début du XXe siècle.

Sur la période ici traitée, les années 1900 à 1935, l’année 1904 semble être charnière d’abord sur un plan politique puisque les relations franco-britanniques se clarifient et que les échanges se facilitent. Les artistes écossais tels que Peploe, Fergusson, Hunter et Cadell peuvent s’installer dans Paris, Capitale des arts, et côtoyer les impressionnistes et les post-impressionnistes dont ils se sont nourris durant leur formation, ainsi que les avant-gardes internationales. Sur le plan artistique, c’est l’année 1905 qui est prépondérante, elle est considérée par les historiens d’art comme le passage à une ère contemporaine avec la naissance du mouvement Fauve emmené par les peintres Derain, Matisse, Vlaminck... dont l’utilisation structurante de la couleur dans une palette vibrante et saturée a marqué durablement les peintres écossais. C’est en 1907, enfin, que les Coloristes accèdent à une maturité stylistique, ayant digéré et nuancé leurs diverses influences telles que la tradition écossaise, l’impressionnisme, le fauvisme et, plus tard, timidement, le cubisme.

L’empreinte de la France va plus loin encore dans ce moment de l’art écossais. Virtuoses du paysage, des peintres se délectent de la lumière et du littoral français - Paris-Plage, Royan, Cassis - et ils nous livrent des atmosphères distantes et réfléchies, toujours très composées. Par ailleurs ils introduisent la nature morte, genre qui n’existait pas dans la peinture écossaise, dans une manière redevable aux classiques français comme Chardin.

Toutefois si les quatre peintres ont un style homogène, les Coloristes ne formèrent jamais un groupe constitué et ce n’est qu’après leur mort que la critique les a réunis sous ce terme. L’ouvrage s’attache d’ailleurs à présenter chacun des artistes individuellement alors que l’exposition montrait une évolution chronologique du groupe. L’artiste fait l’objet d’une notice puis suivent ses oeuvres, une par page, accompagnées d’une brève fiche explicative. Le plan est simple, la lecture est rapide et donne une belle place aux images, de sorte que l’on a comme l’impression de suivre une visite guidée.

Oublié par la critique, Peploe, Fergusson, Hunter et Cadell ne connurent guère de leur vivant qu’une reconnaissance d’estime en Ecosse. Ils ont été réhabilités par des amateurs, des collectionneurs dont la générosité a alimenté les collections de la Fleming-Wyfold art Foundation et l’Hunterian Art Gallery de Glasgow. Reconsidérée en Grande-Bretagne grâce au marché qui a vu leur cote monter de façon exponentielle depuis les années 1970, l’oeuvre des Coloristes peut désormais espérer trouver en France un nouvel écho.


Béatrice Brengues
( Mis en ligne le 15/10/2004 )
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