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Archéologie d’un bâtiment moderne
Pascal Ory   Le Palais de Chaillot - Avec 1 DVD
Actes Sud - Les grands témoins de l'architecture 2006 /  32 € - 209.6 ffr. / 126 pages
ISBN : 2-7427-6392-9
FORMAT : 20,5cm x 26,5cm

L'auteur du compte rendu : Béatrice Brengues a une formation d'historienne de l'art, elle s'intéresse aux arts décoratifs du XXe siècle et poursuit des recherches sur le sculpteur Joachim Costa. Elle travaille parallèlement à Drouot chez un commissaire priseur.
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A l’occasion de l’ouverture de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine au sein du Palais de Chaillot, ce livre nous offre une visite guidée détaillée dans le temps et dans l’espace de cet immense vaisseau. Son analyse commence par l’urbain puis l’architecture avant d'examiner dans les détails la décoration et les institutions l’ayant habité.

L’histoire de la colline de Chaillot introduit donc l’ouvrage. Excentré à l’ouest de Paris, le lieu tire son intérêt de la topographie, comme un promontoire qui surplombe la Seine. Par cette élévation stratégique et symbolique, les politiques y ont à maintes reprises programmé le lieu de leur pouvoir, sans que jamais rien n’aboutisse. Elle deviendra finalement un lieu de culture initié par les emplacements des Expositions Universelles successives à partir de 1855.

A l’occasion de l’Exposition Universelle de 1878, la toute jeune IIIe République passe la commande du Palais du Trocadéro. De son architecture excentrique et bariolée, on comprend que le bâtiment était initialement une construction temporaire. Mais les difficultés du chantier, notamment causées par la présence de carrières nécessitant un surcoût sensible au niveau des fondations et du gros-œuvre en général, ont transformé le Palais en projet pérenne. Construit par les architectes Davioud et Bourdais, le bâtiment est dans la lignée d’un Viollet-le-Duc : techniquement rationaliste et stylistiquement historiciste, aux influences byzantines. Une architecture spectaculaire mais chère et mal construite sur un programme lui-même mal défini ; une fois passé l’événement de l’Exposition, on constate le fiasco… La salle de spectacle construite d’après les dernières recherches en acoustique de l’époque s’avère catastrophique pour les musiciens. Bien vite elle n’est plus guère utilisée. Le bâtiment se détériore et ses fanfreluches et ses minarets sont unilatéralement raillés. L’Exposition Universelle de 1937 est l’occasion d’enterrer le Palais du Trocadéro comme un mauvais souvenir.

Pourtant, le concours lancé en 1934 ne permet pas de tourner définitivement la page. En effet, une fois encore, les délais trop courts et une programmation floue ne permettent qu’un camouflage de l’ancien. L’idée de génie est de raser le corps central pour créer une vue vers la Tour Effel, en reléguant la salle de spectacle au sous-sol. Les ailes sont gardées et renforcées pour créer des espaces d’exposition. L’architecture de Carlu-Boileau-Azema contraste radicalement avec celle de l’ancien palais par sa sobriété. On peut la qualifier de classique, de moderne, mais pour ne pas l’amalgamer avec d’autres productions architecturales, Pascal Ory entend la nommer et inaugure le terme de «Style entre-deux-guerres» qui est d’après lui le «moins mauvais» (p.70). Il qualifie là les bâtiments des années 20 et 30, monumentaux, aux formes ordonnancées, aux structures rationalistes. Une esthétique rigoureuse mais qui accueille volontiers des œuvres d’art monumentales plus qu’ornementales. C’est particulièrement remarquable sur le Palais de Chaillot qui est notoirement le moyen de relancer la commande officielle d’œuvres d’art et de faire vivre les artistes qui subissent de plein fouet la crise économique. Par sa commande sculpturale d’une qualité sans faille, le Palais de Chaillot est un véritable musée de plein air sur la sculpture des années 30. Enfin, pour ne pas en rester à l’enveloppe, Pascal Ory, en historien de la culture, dresse les différentes fortunes des institutions qui se sont succédées au sein du Palais.

Le livre, accompagné de son élégant DVD, est très clairement organisé et décortique les différentes phases de l'histoire du bâtiment. Un pointilleux travail de restitution a été mené pour rendre les espaces du Vieux Trocadéro en plans, coupes, axionométries et autres perspectives. Ils ont été aussi établis pour le Palais de Chaillot afin de mieux les comparer. On imagine combien ce travail peut être précieux à l’actuelle réhabilitation où l’on espère que pour la première fois dans l’histoire du lieu le programme sera à la hauteur pour abriter l’actualité de l’architecture en France. Mais sur cela, le livre ne dit rien. A nous donc de juger lors de notre prochaine visite de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.


Béatrice Brengues
( Mis en ligne le 14/03/2007 )
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