L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Lundi 17 mai 2021
  
 
     
Le Livre
Beaux arts / Beaux livres  ->  
Peinture & Sculpture
Arts graphiques
Architecture & Design
Photographie
Histoire de l'art
Manuels & guides
Beaux livres & Catalogues

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Beaux arts / Beaux livres  ->  Photographie  
 

Mémoire photographique
Alain Bellet   Patricia Baud   L'Usine de ma vie - Mémoires vives de la cokerie de Drocourt
Le Cherche Midi 2005 /  30 € - 196.5 ffr. / 128 pages
ISBN : 2-7491-0375-4
FORMAT : 26x30 cm

L'auteur du compte rendu: Marion Perceval a suivi les cours de premier et de deuxième cycles de l'Ecole du Louvre (option histoire de la photographie). Elle prépare actuellement un DEA d'histoire des techniques sur Alphonse Davanne, un chimiste-photographe qui tenta de vulgariser la pratique photo à la fin du XIXe siècle.
Imprimer

Dès son invention, la photographie prend pour thème privilégié le travail rural ou urbain permettant à la fois d’illustrer le quotidien et les valeurs traditionnelles. On connaît ainsi le long reportage de François Kollar, La France travaille, un hymne aux ouvriers et à la machine réalisé dans les années 30. Cependant, depuis plusieurs décennies, suivant l’évolution de la société, c’est le chômage qui devient photogénique.

En 2002, la cokerie de Drocourt, dans le Pas-de-Calais, ferme définitivement, laissant ainsi un peu plus de chômage dans la région et une friche polluée par les années d’exploitation. Cet ouvrage publié par le Cherche Midi est une réalisation d’Alain Bellet et Patricia Baud à la demande des élus. Le traumatisme, physique et psychologique, est immense, tant pour les «cokiers», ouvriers de la mine, que pour l’environnement. La photographie comme catharsis. C’est un des rôles qu’on lui donne et qu’elle tient ici avec brio. Ce livre est plus proche d’un album de famille que d’une réflexion sociologique sur la fermeture des mines et le chômage induit.

Il est constitué de portraits d’hommes autant que de lieux, les machines dignes d’un mécano, les corons et les jardins potagers, le bistrot, lieu de rencontre… En effet, on suit des personnes au travail, puis dans les agences de l’ANPE, tentant de se reclasser, de se reconstituer. Un reportage au long cours - c’est assez rare pour être souligné - que les deux auteurs ont débuté quelques mois avant la fermeture définitive et la destruction de l’usine et qu’ils ont poursuivi encore plusieurs mois, des luttes syndicales à l’amère recherche d’un nouvel emploi.

Incroyable pour le lecteur est l’amour que portent les ouvriers à leur bourreau. Cette mine pour laquelle ils ont travaillé, vécu devrait-on dire, qui les a rendus souvent malades et qui, une fois disparue, leur laisse une terre stérile qu’il reste à dépolluer. Il est totalement paradoxal, voire incompréhensible pour le néophyte urbain, de voir le rapport qu’entretenaient les mineurs, souvent familles entières (le grand-père, le père et le fils parfois avaient travaillé dans la même mine), avec leur activité, destructrice mais créatrice d’une solidarité et d’un sens du partage hors du commun.

On peut regretter le noir et blanc de l’image, qui lui donne un aspect suranné, un petit goût de lointain et d’irréel alors que tout est encore si proche, que ces ouvriers sont si «palpables» ; et regretter aussi parfois le texte que l’on aurait préféré plus «brut», constitué uniquement des paroles des acteurs. Mais cet ouvrage est très important pour toute une mémoire ouvrière, minière. Il se situe dans la veine des reportages (photographiques ou filmographiques) engagés actuels donnant la parole à ceux que l’on n'entend jamais. C’est ainsi, malgré ses imperfections, un hommage à une époque révolue et à une condition d’homme. Car de femmes on ne parle malheureusement pas…


Marion Perceval
( Mis en ligne le 18/03/2005 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2021
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd