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Donner un sens plus pur aux œuvres de la tribu
Jean-François Chevrier   L'Action restreinte - L'art moderne selon Mallarmé
Hazan 2005 /  49 € - 320.95 ffr. / 335 pages
ISBN : 2-7541-0021-0
FORMAT : 25x29 cm
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L’influence et le crédit de certains écrivains sont tels qu’ils dépassent les limites de la littérature pour atteindre une portée transdisciplinaire. Leur manière définit des idées, des manières de créer, une poétique qui peut tendre à une théorie, ensuite mise en pratique par des hommes pourtant éloignés du maître par leur art ou leur époque. Le présent ouvrage, qui évoque le rôle de Mallarmé dans l’art moderne, montre les liens qui n’ont cessé de se tendre entre le poète et divers artistes, de la fin du XIXe siècle aux années 1960, et les influences interdisciplinaires qui ont traversé le siècle.

L’exposition «L’action restreinte. L’art moderne selon Mallarmé», dont ce livre est le catalogue, s’est tenue du 8 avril au 3 juillet au musée des beaux-arts de Nantes. Le très large et fertile projet du livre est donc d’étudier l’art moderne à l’aune de la poétique de Mallarmé ou comment les idées du poète ont fécondé l’art du XXe siècle. M. Chevrier considère que la poésie de Mallarmé est le lieu de confrontation d’une pensée mystique et d’une pensée critique, rencontre qui donne naissance à l’une des problématiques majeures de l’art du XXe siècle. Mais, surtout, Mallarmé a inventé – consciemment ou non - l’espace moderne et une inventive théorie du langage qui a généré bien des réflexions.

Mais l’auteur ne cherche pas à établir un catalogue critique de l’ensemble des artistes influencés par un maître : cette trace mallarméenne est étudiée à travers quelques cas qui forment les chapitres de l’ouvrage. On ne peut s’étonner qu’un essai sur Odilon Redon ouvre ses études : le mystère ou le travail sur le noir rapprochent notamment les deux artistes que l’on qualifie habituellement de symbolistes. Les parallèles entre Mallarmé et le cubisme étant à l’origine de la mise en œuvre de cette étude, on comprend également qu’un important et intéressant chapitre creuse la problématique en se fondant entre autre sur les études de Kahnweiler et de Kramàř. Mais d’autres études, parfois d’une grande originalité, approfondissent la réflexion en confrontant Mallarmé à Antonin Artaud (qui reprend l’idée mallarméenne d’un art comme double processus d’idéalisation et de matérialisation) ou l’artiste belge Marcel Broodthaers.

Tels sont les principaux points abordés par Jean-François Chevrier, normalien et professeur d’histoire de l’art contemporain à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Ce dernier va jusqu’à réutiliser les idées issues de Mallarmé dans l’organisation de l’exposition. En effet l’utilisation de la page, du support, comme élément à part entière de l’œuvre provient largement du Coup de dé et a été abondamment repris et retravaillé par les arts du XXe siècle. Or Jean-François Chevrier souligne l’importance du site dans une réflexion sur le rapport entre le musée des Beaux-Arts et l’exposition qu’il accueille.

Les idées et les réflexions de l’auteur sont exposées et argumentées à grand renfort de citations et de références, précises et pertinentes. Les textes les plus importants sont reproduits à part, en pleine page, faisant ainsi de l’ouvrage une sorte d’anthologie partielle de la poétique mallarméenne. Surtout, sont reproduits les tableaux, manuscrits et œuvres diverses auxquels il est fait allusion, faisant du livre un objet aussi agréable à consulter et à bouquiner qu’il est captivant à la lecture. Les annexes permettent de plus de retrouver facilement les références des textes et œuvres cités.

Ainsi, si le vocabulaire employé et la complexité des concepts utilisés n’en font pas un livre que l’on appréhende facilement, cette stimulante réflexion a pu initier de nombreux Nantais à des artistes peu connus du grand public. Elle souligne l’importance des continuités artistiques par-delà le classement des créateurs dans des écoles et la portée des «phares» dans la réflexion des artistes contemporains.


Rémi Mathis
( Mis en ligne le 12/08/2005 )
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