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Portrait de l’artiste au travail
Woody Allen   Stig Björkman   Woody Allen - Entretiens avec Stig Björkman
 50 € - 327.5 ffr. / 384 pages
ISBN : 2-86642-324-0

Cahiers du cinéma, 2002
Traduit de l’américain par Sylvie Durastanti et Jean Pêcheux

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir – ou presque – sur Woody Allen, vous le découvrirez dans ces entretiens réalisés par Stig Björkman, cinéaste et professeur d’art dramatique de nationalité suédoise. Disons-le d’emblée : ce qui distingue ce livre d’autres entretiens, c’est précisément le double statut de cet interlocuteur, joignant à sa perspicacité de critique son expérience de réalisateur. Les films du cinéaste américain se voyant ainsi interrogés aussi bien du point de vue de leur sens ou de leur qualité dramatique que du point de vue de leur genèse, c’est-à-dire de la technique et des circonstances qui les ont rendus possibles.

Quelques exemples. Stig Björkman, en compagnie de Woody Allen, revient sur le message philosophique d’un film de la maturité, Crimes et délits. Rien de tel avec Une autre Femme, à propos duquel Allen évoque de manière passionnante comment l’idée initiale lui est venue et comment il fut amené petit à petit à en faire une réalité cinématographique. Finalement, les entretiens ne sont jamais aussi intéressants que lorsqu’ils nous décrivent le travail du cinéaste : travail de bonne entente avec les membres de l’équipe (acteurs, chefs-opérateurs, monteurs etc.), travail qui n’en exige pas moins une profonde solitude propice à l’écriture. Woody Allen le dira ici plus d’une fois : ce qui compte avant tout dans le métier de réalisateur comme de tout artiste, c’est une dynamique de travail qui, au-delà de l’existence de tel ou tel film, ouvre à une réalité bien plus considérable à ses yeux : celle de l’oeuvre.

Proche en cela de Bergman, ce maître qu’il admire plus sans doute qu’aucun autre, Allen est de ceux qui, sitôt terminé un film, se remettent à l’établi. Cette notion d’oeuvre est importante, qui nous permet de balayer pas mal de préjugés, et d’abord celui d’une prétendue génialité. Woody Allen est devenu Woody Allen : parti de films comiques fondés sur l’enchaînement rapide des gags (mais ceux-là, pour légers qu’ils soient, lui feront prendre conscience de l’importance fondamentale du rythme), il en est venu progressivement à un art plus exigeant, ce qui n’a pas été sans poser des problèmes de réception. A propos d’Intérieurs : «Les gens furent contrariés de voir que leur comique favori avait soudain la prétention de leur imposer un tel drame. Ils furent gênés par cette atmosphère un peu solennelle, que pour ma part j’apprécie dans les films.»

Comme nous l’annonce dans sa préface Stig Björkman, ces entretiens nous montrent Woody Allen sous un jour un peu différent des clichés habituels : non point l’intellectuel hypocondriaque qui court des premières comédies à Hollywood Ending (Allen prend soin en l’occurrence de récuser fermement la thèse d’une dimension autobiographique de ses films), mais un artiste lucide qui, tout en faisant souvent preuve de modestie, reste conscient de sa valeur. Enclin à refuser à l’art toute utilité sociale pour le limiter à un pur divertissement (« J’estime que le cinéma offre, entre autres plaisirs, celui d’éviter les dures réalités de l’existence »), le cinéaste est non moins prêt à lui reconnaître une certaine grandeur et une certaine importance, lorsqu’il aborde les questions dites «existentielles» ou «spirituelles».


Thomas Regnier
( Mis en ligne le 11/12/2002 )
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