L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Mardi 28 septembre 2021
  
 
     
Le Livre
Beaux arts / Beaux livres  ->  
Peinture & Sculpture
Arts graphiques
Architecture & Design
Photographie
Histoire de l'art
Manuels & guides
Beaux livres & Catalogues

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Beaux arts / Beaux livres  ->  Beaux livres & Catalogues  
 

Vacances romaines
Dominique Fernandez   Ferrante Ferranti   Rome
Editions Philippe Rey 2004 /  / 157 pages
ISBN : 2848760206
FORMAT : 26x29 cm
Imprimer

Dominique Fernandez, romancier et essayiste, prix Médicis et prix Goncourt, est un excellent connaisseur de l’Italie qu’il arpente inlassablement depuis les années 50. Il nous l’avait déjà prouvé il y a quelques années avec Voyage d’Italie : dictionnaire amoureux, paru chez Plon en 1998 et il nous le prouve à nouveau avec cette belle monographie consacrée à la ville de Rome.

L’ouvrage est en fait une promenade illustrée par les rues et l’histoire de la ville éternelle au gré de la fantaisie de l’auteur. Les treize chapitres qui composent l’ouvrage en sus de l’introduction sont autant de parcours, d’itinéraires que le voyageur peut s’essayer à suivre. Ils sont illustrés par des photographies de Ferrante Ferranti. La plupart sont superbes, tout particulièrement celles de «L’itinéraire Bernin», ou de «Fontaines et Bestiaires». En revanche certaines photos de bâtiments ainsi que les reproductions de fresques, tout particulièrement celles du Palais Farnèse sont décevantes.

Le ton est libre, le regard curieux, le propos fort riche, on sent que l’auteur est heureux de nous faire découvrir, partager et aimer «sa» Rome. L’ouvrage est d’une lecture agréable, et accompagnera avec profit celle des guides touristiques classiques au moment de préparer une escapade romaine. Ici point d’inventaire des vestiges et des églises à ne pas manquer, mais plutôt des mises en perspectives, des sauts chronologiques et topographiques. En définitive on redécouvre le plaisir de flâner en oubliant le circuit imposé.

Trois réserves cependant. Mieux vaut sauter les premières pages de l’introduction, dont le ton suffisant ôterait toute envie de poursuivre la lecture, alors même qu’il ne reflète absolument pas le corps de l’ouvrage. Citons pour preuve les premières lignes : «Bêtifier sur les monuments célèbres n’est pas plus sot que de ricaner des éloges hyperboliques dont une dévotion de plusieurs siècles les a enturbannés». Dominique Fernandez aime visiter et évoquer des lieux inaccessibles au simple mortel. Des remerciements sont d’ailleurs adressés aux ambassadeurs de France successifs, qui lui ont ouvert les portes du Palais Farnèse : la galerie des Carrache est comparée à la chapelle Sixtine ; mais pour le visiteur qui accepte de suivre l’auteur dans les rues de Rome, la comparaison n’est pas possible : la Sixtine est ouverte au public, le Farnèse ne l’est pas. Est-ce à dire que cet ouvrage est réservé aux happy few, ou l’auteur entend-il jouer avec la frustration du lecteur ?

Enfin, Dominique Fernandez se plaît à affirmer que la vraie Rome n’est plus, et d’évoquer le lustre de la littérature italienne de la fin des années 1950 et le salon d’Elsa de’Giorgi où il lui fut donné d’observer Moravia, Carlo Levi, Ungaretti, Giorgio Bassani, avant d’ajouter : «Aujourd’hui, de cette période si faste, que reste-t-il ? Rien. Il n’y a plus aucun écrivain de cette stature, ni à Rome, ni dans toute l’Italie. A la génération qui s’était construite sous le fascisme, contre le fascisme et, accessoirement, contre l’Eglise, n’a succédé, comme Pasolini l’avait prédit, que le vide créé par la permissivité et la consommation».

O tempora, o mores !, aurait dit Cicéron : ce discours ultra-élitiste sur la décadence de Rome est aussi vieux que la Ville elle-même, et pourtant elle n’a cessé de se recréer, de se réinventer. Pourquoi donc laisser croire au visiteur actuel que ce qu’il voit n’est qu’un faible spectacle au regard d’un passé à jamais perdu ? On finirait par croire que Rome n’est plus et que le voyage n’apportera que des déceptions. Rien n’est plus faux, surtout pour l’immense majorité des voyageurs qui n’ont pas connu la Rome et les salons des années 1950 : point de comparaison possible et donc nulle frustration à ressentir. Mieux vaut oublier ce discours décadentiste et se laisser emporter au fil des pages et des images par le désir de Rome, comme d’autres par la «tentation de Venise».


Raphaël Muller
( Mis en ligne le 28/02/2005 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Eisenstein
       de Dominique Fernandez
  • Rome des pèlerins
       de Louis Callebat
  • Guide Archéologique de Rome
       de Filippo Coarelli
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2021
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd