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L’Etrange palais de princes étrangers
Philippe Béchu   Christian Taillard   Les Hôtels de Soubise et de Rohan-Strasbourg
Somogy 2005 /  68 € - 445.4 ffr. / 485 pages
ISBN : 2-85056-796-5
FORMAT : 26x30 cm

L'auteur du compte rendu : Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris-I-Sorbonne, Thierry Sarmant est conservateur en chef du patrimoine au Service historique de l'armée de Terre. Il prépare, sous la direction du professeur Daniel Roche, une habilitation à diriger des recherches consacrée à "Louis XIV et ses ministres, 1661-1715". Il a publié une vingtaine d'articles sur l'histoire politique et culturelle de la France moderne et contemporaine et six ouvrages dont Les Demeures du Soleil : Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (2003)et La Roumanie dans la Grande Guerre et l'effondrement de l'armée russe (1999).
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On sait que l’usage de Paris, au contraire de celui de Rome, ne donne le nom de palais qu’à des édifices publics ou à l’habitation de membres de la maison royale : palais de la Cité, palais du Louvre, palais du Luxembourg, Palais-Royal, pour s’en tenir à ceux bâtis avant 1789. Cette règle ne souffre qu’une exception : le «palais Soubise», expression sous laquelle on désigne couramment, depuis le XIXe siècle, l’ensemble formé par les hôtels de Soubise et de Rohan-Strasbourg.

Pour une fois, le langage courant a raison contre les puristes : même altéré par la disparition de la plus grande partie de ses jardins, par l’ajout de grands magasins des Archives nationales et d’autres constructions parasites, l’ensemble Rohan-Soubise reste un des sommets de l’architecture française. Avec la place des Vosges, la cour d’honneur de Soubise est le joyau du Marais, un morceau sans équivalent dans l’architecture privée parisienne, qu’on ne peut se lasser de contempler et d’admirer. Les deux hôtels renferment d’autres trésors moins connus des Parisiens eux-mêmes : les nobles et sévères façades de l’hôtel de Rohan, le haut-relief des chevaux du Soleil qui orne ses écuries, les boiseries et les dessus-de-porte des appartements de l’hôtel de Soubise.

En dépit de cette avalanche de chefs-d’œuvre, le palais Soubise n’avait pas suscité jusqu’ici de livre d’art digne de lui. Philippe Béchu et Christian Taillard comblent cette lacune en livrant un somptueux dossier artistique et érudit. Les marchés de construction et de décor des deux hôtels font l’objet d’une édition intégrale, longue de plus de cent cinquante pages. Les plans et les élévations qui les accompagnaient sont reproduits eux aussi. Le dossier iconographique réunit photographies intérieures et extérieures des deux hôtels, gravures, tableaux et documents d’archives. Le tout est un mis en œuvre avec une qualité d’exécution digne du sujet et qui fait honneur à l’éditeur.

La magnificence des deux hôtels n’était en rien gratuite. Les architectes Delamair et Boffrand devaient conforter les prétentions des Rohan à ce rang de «prince étranger» que leurs contemporains refusaient de leur reconnaître. Les lecteurs des Mémoires de Saint-Simon savent quelles fortunes diverses connut l’entreprise ! Il fallait donc replacer l’histoire de ces hôtels dans le contexte de l’histoire de la haute noblesse, en particulier d’une maison qui se voulait princière. Philippe Béchu s’est chargé de cette page d’histoire sociale en retraçant les destinées de plusieurs générations de Rohan-Soubise, tandis que Christian Taillard traitait de l’architecture, des décors et de leurs transformations tout au long du XVIIIe siècle.

On peut considérer que le nom de palais qui s’est finalement attaché à la demeure des Soubise – sans doute en raison de l’affectation du lieu aux Archives nationales – a satisfait avec retard les prétentions des premiers propriétaires. Quant au faste du volume qui paraît aujourd’hui, il s’apparente, de ce point de vue, à une victoire posthume.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 04/04/2005 )
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