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Le XVIIIe siècle en pleine lumière
Jean-Pierre Changeux   La Lumière - Au siècle des Lumières et aujourd'hui
Odile Jacob 2005 /  49 € - 320.95 ffr. / 347 pages
ISBN : 2-7381-1644-2
FORMAT : 21,0cm x 26,5cm

Exposition aux Galeries Poiriel, Nancy, du 16 septembre au 16 décembre 2005.

L'auteur du compte rendu : Outre des collaborations régulières avec des galeries ou dans la presse, Jérôme Poggi travaille dans le champ de l’art contemporain au sein d’une structure qu’il a créée, Objet de production. Il enseigne à l’Ecole centrale de Paris, à la London University et dans plusieurs universités américaines à Paris. Ingénieur-économiste de l’Ecole centrale de Paris, diplômé de l’EHESS et titulaire d’une maîtrise d’histoire de l’art (Paris I), il prépare un doctorat sur «le commerce de l’art moderne à Paris sous le Second Empire».

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La coïncidence entre arts et sciences intéresse de plus en plus les historiens. L’Âme au corps, monumentale exposition transversale et pluridisciplinaire organisée par Jean Clair et Jean-Pierre Changeux en 1993, avait marqué le début de cet intérêt, en s’attachant à la représentation du corps humain, par les artistes mais aussi par les biologistes, neurobiologistes, psychiatres, etc. Alors que Jean Clair, qui privilégiait une approche psychanalytique des relations de l’âme au corps, approfondit son travail sur la mélancolie en Occident dans le même Grand-Palais ( Mélancolie en Occident, 13 octobre 2005-6 janvier 2006) , c’est seul que Jean-Pierre Changeux poursuit le projet scientifique de 1993 dans une exposition à Nancy qu’accompagne un catalogue très savant.

L’exposition nancéenne dont ce grand neurobiologiste et amateur d’art est le commissaire se concentre sur la question de la Lumière, en ce qu’elle fascinait autant les scientifiques que les artistes et les philosophes au XVIIIe siècle. Siècle des Lumières, le XVIIIe siècle le fut dans tous les sens du terme. En partant des progrès liés à la compréhension du phénomène naturel de la lumière, Changeux montre l’impact du développement du savoir, notamment scientifique, sur l’évolution des mentalités. Les recherches d’Isaac Newton sur la physique du rayonnement lumineux, propagées en France par l’intrigante Madame du Châtelet à partir de 1740, constituent le socle de cette exposition. Couplées aux progrès accomplis dans le domaine de l’anatomie et de la physiologie de l’œil, illustrées par les spectaculaires planches en couleurs de Gautier d’Agoty, ces avancées scientifiques majeures éclairent, à proprement parler, l’Esprit des Lumières, avide de porter un regard neuf sur le monde, à «la seule lumière naturelle» comme le souhaitait déjà Descartes, et non plus théologique et surnaturelle.

Mieux que quiconque, Diderot incarne ce passage de la lumière de l’œil à la lumière de l’esprit. L’auteur de la fameuse Lettre sur les aveugles à l’attention de ceux qui voient (1749), consacra en effet les vingt dernières années de sa vie à rédiger ses Eléments de physiologie, dans lesquels il traite du lien entre la physiologie humaine et le processus d’interprétation cérébral. De façon moins convaincante, l’exposition apporte un éclairage sur la personnalité de l’Abbé Grégoire, qui, s’il fut indéniablement un grand homme des Lumières (à l’origine notamment du Musée des arts et métiers), voit sa présence justifiée au sein de l’exposition nancéenne, plus par ses origines lorraines que par son réel apport aux sciences de la perception. En ce sens, l’exposition trouve des limites un peu évasives eu égard à son sujet d’étude de départ.

Le catalogue de l’exposition, plus rigoureux scientifiquement et richement illustré, corrige cette faiblesse en réunissant des auteurs parmi les plus éminents en neurosciences, biologie, histoire des sciences, astrophysique et histoire de l’art. Tandis que Michel Imbert, professeur émérite de Neurosciences cognitives, retrace dans deux articles une histoire de la vue de l’Antiquité à nos jours, le biologiste Stéphane Schmitt nous éclaire sur la vision des couleurs et la perception de l’infiniment petit qui se trouve aux origines de la biologie telle que Buffon l’explora. Patrick Tort quant à lui, philosophe, linguiste et historien des sciences biologiques et humaines, traite de l’irruption de la lucidité dans l’art et des rapports entre Diderot et Darwin. Le sommaire a lui seul mériterait d’être cité intégralement tant il est passionnant, hissant le projet de Jean-Pierre Changeux à la hauteur de ses ambitions.


Jérôme Poggi
( Mis en ligne le 12/10/2005 )
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