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Promenade dans le paysage néo-classique
Laurent Nicolas   Nathalie Michel-Szelechowska   Théodore Richard et le paysage
Editions Ville de Millau  2008 /  15 € - 98.25 ffr. / 72 pages
ISBN : 978-2-950 3269-3-5
FORMAT : 29 x 24 cm

Catalogue d’une exposition qui se tient du 5 juillet au 31 octobre 2008 au Musée de Millau

L'auteur du compte rendu : Béatrice Brengues a une formation d'historienne de l'art, elle s'intéresse aux arts décoratifs du XXe siècle et poursuit des recherches sur le sculpteur Joachim Costa. Elle travaille parallèlement à Drouot chez un commissaire priseur.

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Les expositions d’été sont le point d’orgue du calendrier des musées, a fortiori en province, saison touristique oblige. Si les expositions en co-production à nombreuses itinérances prolifèrent, certains choisissent encore de produire seul leur propre programme et de valoriser ainsi le patrimoine local. Arrêtons-nous sur l’exposition présentée au Musée de Millau et consacrée au peintre Théodore Richard, natif de la ville et actif dans la première moitié du XIXe siècle. On nous montre l’œuvre du peintre, pour majeure partie des paysages, mis en parallèle avec les maîtres qui l’ont inspiré ou côtoyé, donnant un aperçu de l’art du paysage des XVIII et XIXe siècles, parmi lesquels on trouve Van Ruysdael, Locatelli, Van Loo, Pillement, Valenciennes, Lazare Bruandet, Jean-Joseph-Xavier Bidault, Jean-Victor Bertin, Benjamin Duston…

Le premier texte du catalogue, par Laurent Nicolas nous, présente le peintre. Fils de bonne famille, il débute sa carrière en tant que fonctionnaire du cadastre où il aiguise son sens de l’observation du paysage. De tempérament sensible plus que scientifique, il est attiré par les arts et se forme à la peinture, notamment dans l’atelier de Bertin. Désormais habile au pinceau, il devient artiste à part entière et anime la vie culturelle bordelaise dans les années 1820. Il découvre le jeune Brascassat qu’il va mener à la gloire, ce dernier détournant l’art plus officiel du paysage en art animalier naturaliste. Ils voyagent tous deux entre le Sud de la France, Paris et l’Italie, jusqu’à ce que le jeune virtuose vole de ses propres ailes. Théodore Richard s’installe alors à Toulouse où il tient un atelier. Il peint les paysages pyrénéens, tableaux dont le succès commercial ne se dément pas auprès de la nouvelle clientèle des curistes. Sa production est alors des plus importantes et il exploite son talent de dessinateur sachant rendre le spectacle de la nature dans la tradition classique d’une composition rigoureuse et harmonieuse mais où se mélangent aussi quelques accents du romantisme.

Ensuite, Nathalie Michel- Szelechowska signe un article sur l’école de Jean-Victor Bertin, dont Richard est issu, et la théorie du paysage classique. Beryin est un représentant majeur du paysagisme au XIXe siècle, lui-même héritier de Pierre-Henri de Valenciennes qui établit les règles du paysage classique retranscrites dans différents traités et qui fit publier Éléments de perspective pratique à l’usage des artistes suivis de Réflexions et conseils à un élève sur la peinture et particulièrement sur le genre du paysage en 1800. Ils surent créer un véritable académisme du paysage qui se devait d’être rigoureusement composé, découpé en plans distincts, à touche lisse et aux couleurs fondues et harmonieuses, le tout dépeignant un sujet noble tiré de humanités classiques. L’exemple et la copie des Maîtres anciens jouent un grand rôle dans cet enseignement, mais il est également associé à l’étude d’après nature. Théodore Richard est un élève assez représentatif de l’école de Bertin dans le sens où il interprète l’enseignement classique reçu puis s’en éloigne pour tenter de coller aux tendances artistiques nouvelles.

On peut regretter qu’il n’y ait pas de comparaison critique entre Théodore Richard et les autres peintres exposés, qui nous aurait permis de recadrer l’importance du peintre dans l’art de son temps. En effet, il parait inespéré que Valenciennes ou Pillement soient là pour illustrer l’œuvre de Richard et non le contraire. C’est un revers inattendu des hiérarchies artistiques, qui ne peut s’exprimer ainsi que dans les petits musées poussés par la foi des érudits locaux dont on ne loue pas assez l’importance dans l’approfondissement de l’histoire de l’art et la redécouverte de talents oubliés.


Béatrice Brengues
( Mis en ligne le 16/09/2008 )
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