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Bilan désabusé
Richard Ford   L'Etat des lieux
Seuil - Points 2009 /  9 € - 58.95 ffr. / 795 pages
ISBN : 978-2-7578-1471-0
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication française en août 2008 (L'Olivier).
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Les lecteurs français ont découvert Richard Ford en 1996 avec Indépendance, que publient alors les éditions de l’Olivier, et qui a valu à son auteur le prestigieux prix Pulitzer ; suit en France, trois ans plus tard, Un week end dans le Michigan (publié en fait antérieurement aux États-Unis, en 1986). Richard Ford entame ainsi la longue histoire d’un héros de la normalité, Franck Bascombe. Aussi l’a-t-on comparé à John Updike.

Franck Bascombe incarne l´Amérique blanche au quotidien. Après l’avoir connu jeune journaliste sportif (Un week end dans le Michigan), suivi dans ses déboires conjugaux, s’installant comme agent immobilier à Haddam dans le New Jersey avec sa seconde épouse Sally (Independance), nous le retrouvons dix ans plus tard, vieilli, atteint d’un cancer de la prostate avec, commune au héros de Philip Roth, l’angoisse du sexagénaire occidental…

Comme dans les romans précédents, Franck Bascombe croise l’histoire, cette fois en 2000, avec le vote disputé qui permet à Georges W. Bush de remporter les élections au terme d’un combat douteux. L‘Amérique à l’aube du troisième millénaire, à la veille de Thanksgiving et avant le traumatisme du 11 septembre. L’Amérique de la prospérité, de la bulle immobilière, de la confiance dans le présent, de la certitude.

Richard Ford prend son temps pour construire et dérouler son récit : pas à pas, Franck Bascombe s’installe, avec ses douleurs, ses angoisses, la peur de l’avenir désormais irrémédiablement nichée en lui, et qui se rappelle à chaque instant par la douleur ou l’inconfort physique. Autour : des personnages plus ou moins secondaires, silhouettes esquissées avec talent ; c’est une des qualités de Richard Ford que de faire vivre toute une société individualisée.

Au centre, les préoccupations personnelles de Franck Bascombe : le départ de sa seconde épouse Sally repartie vivre avec son premier compagnon, Wally, resurgi du néant ; ses relations difficiles avec ses enfants, Clarissa, sa fille, naguère lesbienne, qui vit désormais avec un jeune homme, Thom, qui ne plait guère à Franck. Clarissa qui est pourtant son soutien le plus solide. Son fils, Paul - avec qui les liens sont ténus - au métier, improbable pour un lecteur français, de rédacteur de cartes postales : les Américains raffolent des cartes postales, et Paul travaille pour la très célèbre firme Hallmark, «une entreprise de première classe»… Enfin, le souvenir obsédant de la mort de son autre fils, Ralph. Au terme de quelques jours mouvementés, chacun se retrouvera, définira, précisera ses orientations et ses choix désormais assumés.

La fête de Thanksgiving, avec son cortège d’obligations familiales, est l’occasion aussi de faire le bilan d’une vie, bilan en demi-teinte, même si l’auteur et son héros tentent avec une ironie un peu désespérée de mettre les choses à distance. Richard Ford prend son temps (trop ?) pour nous faire compatir à cette vie grise, un peu terne, une vie de «juste milieu»… 730 pages dans lesquelles, au choix, le lecteur s’immerge avec délices ou, au contraire, dont il refusera la lenteur. Cependant Richard Ford est un vrai romancier, qui, fidèle à la tradition américaine, saisit le monde dans sa globalité et le restitue au lecteur par touches, lentes, appliquées, juxtaposées, une mosaïque fragile, dont, en fin de récit, le lecteur perçoit brusquement l’image générale et le sens.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 28/09/2009 )
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