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Le fils des no-man's-lands
Jean-Louis Ezine   Les Taiseux
Gallimard - Folio 2011 /  5,70 € - 37.34 ffr. / 221 pages
ISBN : 978-2-07-044024-5
FORMAT : 14cm x 20,4cm

Première publication en octobre 2009 (Gallimard - Blanche)
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Critique littéraire écouté et respecté, Jean-Louis Ezine s'essaye, avec Les Taiseux, à une plongée psychanalytique, existentialiste et proustienne, dans les miasmes d'un passé flouté, et pourtant parfaitement rendu. Les détails sont là, «immarcescibles» (le mot compte et revient dans le texte, comme une ponctuation poétique et raffinée...) ; ce qui manque, c'est l'essence, c'est le sens.

Armé de sa plus belle plume, l'homme de lettres s'en sert comme d'une machette pour voir plus clair dans cette vie peuplée d'ombres, de secrets et d'absences. A commencer par celle du père, qui n'est pas cet Ezine patronymique (celui-là est un taiseux de la pire espèce, un bouseux alcoolisé aux poings lestes et à l'amour avare), mais un inconnu dont la mère du narrateur, elle aussi de la tribu des taiseux, entretient les invisibilités, à force secrets, silences et demi-vérités...

Retour vers l'enfance, dans la glaise normande, ses mythes et ses incompréhensions ; le lycée ensuite, pour approcher de la vérité alors que le jeune homme s'ouvre plus pleinement au plaisir et à la force des mots : en même temps que les contours du père se précisent, une vocation naît, une carrière s'amorce. «Je venais de découvrir la philosophie. C'était une discipline qui connaissait bien mon mal, qui s'en occupait éventuellement, et dont un philosophe contemporain s'était même fait une spécialité. Je souffrais d'un syndrome qui consiste à se sentir de trop et cette pathologie portait un nom : la bâtardise».

La troisième partie du roman est la moins passionnante. La vérité est sue ; à présent, elle se raconte. L'auteur détaille l'histoire de sa lignée, une histoire complexe où le père et le père de son père prennent relief sur le limon de la grande histoire, la guerre, la sinuosité des frontières. Ezine est bien le fils des no-man's-lands. Est-ce un hasard alors si le critique termine son récit par la veillée de Cioran, l'intellectuel déraciné ?... «Ce qui est odieux, c'est surtout la situation qu'il a lui-même décrite, et bien avant la révolution. Il s'envisageait comme le fils maudit d'une nation maudite. Comment vous dire ? Je suis en intelligence avec ça, la peur morbide du père, des voisins, les silences qui tuent. Alors les fils maudits, je les comprends, je les devine, je vois ce qu'ils fabriquent, je les aime jusque dans leurs mensonges, leurs inventions».

Des ambiances sourdes et brutes d'une ferme normande au chevet de Cioran, quel itinéraire ! L'auteur nous le raconte, il se dit par les mots, avec pudeur, finesse et... comment dire, un gai abattement.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 24/01/2011 )
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