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Avant la fin...
Laurent Seksik   Les Derniers jours de Stephan Zweig
J'ai lu 2010 /  6 € - 39.3 ffr. / 185 pages
ISBN : 978-2-290-02701-1
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication en Janvier 2010 (Flammarion)
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On pourrait diviser l'oeuvre de Stephan Zweig en deux : les biographies et les livres dont il a créé le sujet. Dans les premiers, l'esprit est à la compréhension du personnage choisi, l'explication des actes bienveillante et l'analyse du contexte sans a priori ; dans les seconds, l'optimisme n'existe pas, la vie est dure, les sentiments amers et le final souvent dramatique. Laurent Seksik s'est placé dans la position du premier Zweig, son livre tente d'expliquer et de démontrer ce qui a amené l'écrivain à se donner la mort et ce qui a amené son épouse, Lotte, à choisir de l'accompagner.

Il y est bien sûr beaucoup question de l'holocauste puisqu'il a représenté le point de départ de cette spirale descendante mais Laurent Seksik ne se contente pas de nous décrire l'opinion de Zweig, il décrit aussi les opinions différentes de ses amis, qu'ils soient juifs ou non. Selon le pays dans lequel ils vivent ou ont vécu, le regard porté sur cette infamie change ; mais si Zweig s'avère incapable d'envisager un après ni même une fin (être touché de plein fouet par cet acharnement alors qu'il ne se sent pas lui-même vraiment juif est incompréhensible pour lui), ce n'est pas le cas de certains de ses amis, et l'analyse de ces points de vue est très intéressante.

Que ce soit à Vienne ou par la suite dans tous les lieux d'exil où il est allé, Zweig était entouré de littérature, d'amis écrivains, de préoccupations littéraires (recherches anciennes sur Montaigne ou proches sur Balzac) et son quotidien était fait de réflexions, d'analyses et de culture. Laurent Seksik nous restitue ce quotidien ; nous entrons alors dans les idées de ces hommes illustres que sont Jules Romain, Romain Rolland, Bernanos, et tant d'autres, disparus ou moins connus, ce qui rend cet ouvrage riche de pensées et d'échanges, sur fond d'horreur.

Le récit se déroule de Septembre à Février et le style est différent selon les mois. La précision reste la même, ainsi que les tournures de phrases délicates, la rigueur de la démonstration et la puissance des images, mais petit à petit s'intercalent ce qu'on pourrait appeler des tirades. Il n'y a aucun dialogue ; pourtant à certains moments Zweig ou sa femme ou tout autre personnage s'adressent à nous longuement, de façon véhémente, et nous dévoilent leur pensée. Ces moments sont de plus en plus fréquents et au fur à mesure que l'on avance vers le drame final, l'intensité de ces monologues gagne en profondeur, comme pour nous associer aux tourments suicidaires de Zweig et aux déchirements de Lotte.

La scène finale, pudiquement traitée, clôt un livre-drame désespérant, qui a sans doute été ardu à écrire, puisque tout en hypothèses ; l'avoir romancé sans excès en fait une gageure réussie.


Dany Venayre
( Mis en ligne le 21/02/2011 )
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