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Délicieuse tristesse
Ana María Matute   Paradis inhabité
10/18 - Domaine étranger 2014 /  8.10 € - 53.06 ffr. / 352 pages
ISBN : 978-2-264-05733-4
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication française en janvier 2011 (Phébus)

Traduction de Marie-Odile Fortier-Masek

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travers Paradis inhabité, Ana María Matute se penche avec son indéniable talent sur les pages non tournées de l’enfance, ce jardin de soi où amour et tendresse sont restés en friche et les deuils à jamais imprimés. Inspiré en partie de sa propre histoire, ce roman retrace à la première personne une enfance silencieuse, «en marge» des autres, face à l’hostilité ou l’indifférence des «Géants», sur fond discret de montée de l’intolérance et de conflit généralisé.

La capacité de l’auteure à revivre et à transmettre l’émotion lui permet de restituer des souvenirs intacts et de partager, entre autres, avec une particulière finesse ces moments délicats, dans la vie comme dans le livre, du renoncement aux croyances infantiles où il faut cependant «rester amis avec les Rois Mages» pour ne pas décevoir l’adulte et où le rythme soudain différent des battements du cœur annonce l’entrée dans l’adolescence. C’est dit avec une «délicieuse tristesse», peut-être un peu complaisante, mais pas seulement.

Car l’écriture souvent drôle et inattendue rend compte de l’impertinence des propos et des cocasseries créées entre le refuge dans l’imaginaire où le surnaturel est roi et l’hyper vigilance prêtée à l’entourage qui met en exergue ses moindres travers. Aux yeux de l’enfant, se soustraire aux froides exigences parentales et en souligner la bourgeoise hypocrisie devient ainsi un objectif essentiel, au prix d’une grande solitude. Mais il y a heureusement le personnel de maison, compréhensif et chaleureux : Tata Maria, la gouvernante aimante et complice, Isabel la cuisinière amie, savante et illettrée, Paco le chauffeur au bon sens réconfortant… Plus subversifs encore sont l’amour interdit porté à Gavi, fils de «ballerine» russe, l’affection envers Téo, son ange gardien doux et sensible dont les goûts homosexués feront l’objet de terribles représailles collectives, et enfin l’admiration portée à Eduarda, cette tante farfelue mais attentive, féministe avant l’heure, qui conduit sa voiture, s’habille et boit comme un homme. De toute évidence, c’est à ce personnage que l’auteure s’identifie, rappelant ainsi au lecteur que devenir écrivaine en pays franquiste comme l’a choisi Ana Maria Matute témoignait alors d’une rare témérité.


Monika Boekholt
( Mis en ligne le 05/02/2014 )
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