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Ensauvagement
Jordi Soler   La Fête de l’ours
10/18 - Domaine étranger 2014 /  7,10 € - 46.51 ffr. / 187 pages
ISBN : 978-2-264-05631-3
FORMAT : 11,0 cm × 17,6 cm

Première publication française en janvier 2011 (Belfond)

Traduction de Jean-Marie Saint-Lu

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Un beau roman de Jordi Soler, qui vient compléter les deux précédents (Les Exilés de la mémoire et La Dernière heure du dernier jour).

Dans la mémoire familiale, Oriol, frère d’Arcadi, le grand-père du narrateur, serait mort, seul, blessé, dans une grotte, en 1939, en fuyant l’Espagne franquiste. La mort héroïque d'un martyr. Arcadi lui, après son internement au camp d’Argelès-sur-mer, on s’en souvient, avait réussi à refaire sa vie au Mexique, et à y prospérer. Or, en 1993, la lettre d’un certain Rodrigo remet en question une partie de cette version de la mort d’Oriol, mais dans ses grandes lignes l’histoire reste la même et la mémoire familiale peut l’entretenir pieusement. Jusqu’à ce jour d’avril 2007 où une vieille femme remet en silence au narrateur, à l’issue d’une conférence qu’il vient de donner, un papier sale et une photo : toute la construction familiale va alors s’effondrer et le narrateur, ébranlé, partira sur les traces de cet oncle héroïsé qui, au terme de l’enquête, va se révéler un personnage bien différent de l’histoire rêvée !

Jordi Soler fait revivre toute cette période trouble de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle les Pyrénées étaient traversées de réfugiés qui fuyaient l’ordre nazi, l’Occupation, et espéraient survivre. Le narrateur remonte le temps, dans tous les sens du terme : il remonte aux années de la guerre, durant lesquelles son oncle disparut, mais il remonte aussi le temps social : découvrant en 2007 des zones reculées dans de lointains versants montagneux, qui semblent ne pas avoir évolué depuis des siècles. Il rencontre des personnages étonnants, Isolda, Novembre le chevrier, qui ont croisé Oriol et se souviennent.

Dans cette histoire tragique, Oriol joue un rôle bien différent de celui que lui avait attribué la légende familiale. Pris dans son enquête, le narrateur ne peut s’en échapper ; il ira jusqu’à son terme, dans une scène qui évoque toute la violence des rites primitifs. Jordi Soler aura ainsi exploré dans ce texte assez bref, toutes les formes de la sauvagerie…

On ne peut raconter le roman sans le déflorer mais le fil rouge est celui de l’ensauvagement, de la perte des repères de la civilisation au profit de la seule force brutale, et la question posée aussi, celle de la «brutalisation» des hommes dans une époque où la violence au quotidien s’est installée comme légitime.

Sur un ton différent des deux premiers romans, mais avec la même force narratrice, la même façon d’imbriquer réalisme et onirisme, Jordi Soler achève avec un grand art de conteur cette histoire de vie et de mort, d’orgueil et d’humiliation, de solitude. Le titre mystérieux s’éclaire dans les dernières pages, et jusqu’au bout l’intérêt du lecteur est soutenu.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 28/04/2014 )
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