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Frédéric Beigbeder   Premier bilan après l’apocalypse
Le Livre de Poche 2013 /  7.10 € - 46.51 ffr. / 425 pages
ISBN : 978-2-253-17340-3
FORMAT : 11,4 cm × 21,7 cm

Première publication en septembre 2011 (Grasset)
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Après Dernier inventaire avant liquidation, Beigbeder refait une liste de ses 100 livres (il doit y avoir un nom pour désigner la pulsion qui pousse des gens à faire des listes : est-ce un trouble ? Est-ce grave ?). Cette fois, l’apocalypse est derrière nous, le monde connaît enfin le livre numérique (haro, haro !) et cet essai s’inscrit dans une logique de résistance.

Une croisade presque, inspirée par un saint motif, celui de lutter aux côtés des livres et des bibliothèques, contre le discours impérialiste des cyberlecteurs et de leurs petits écrans tactiles, bruyants et métalliques, pratiques certes - mais le monde n’a t-il besoin que d’objets pratiques ? - mais plutôt moches, et sans le plaisir sensuel du papier. Alors plutôt que de se livrer à un ennuyeux comparatif, Beigbeder reprend sa plume pour exhumer une centaine de plaisirs de lecture, une liste d’ouvrages (et un disque !) traités du point de vue du lecteur, c'est-à-dire impressionniste. Non pas la liste des cent livres qu’il faut avoir lu pour être plus beau, plus intelligent, plus cultivé ou plus barbu, mais juste cent souvenirs d’une émotion littéraire à partager. In library with Beigbeder !

Bon, il faut déjà aimer la critique littéraire, c'est-à-dire le plaisir de débattre sur une œuvre, et le risque de se laisser entraîner dans une lecture inattendue. C’est là tout le charme de ce type d’ouvrages qui sont en quelque sorte des pièges pour capturer les lecteurs, conduits de gré ou de force vers un nouveau texte. Encore faut-il un bon poseur de pièges : la science du collet à lecteur est subtile, et l’appât doit être habilement mis en valeur. Mais F. Beigbeder a de la bouteille, et sa lecture est, souvent, communicative.

De fait, l’ouvrage donne un aperçu assez large de ses goûts littéraires : si un certain type d’auteurs et de romans a sa préférence (grosso modo : une dose de provocation servie par un beau style un peu elliptique et, idéalement, à un nombre restreint d’exemplaires : la lecture est aussi un plaisir solitaire, qui rend parfois sourd), on voit dans cet ouvrage les classiques (récents : XXe siècle) côtoyer les modernes et contemporains, les morts conversent avec les vivants, les poètes croisent les musiciens, le polar voisine avec le récit hermétique, les branchés se heurtent aux académiciens… Une cour des miracles, avec son roi – FB – et sa cohorte de fous. Il ne s’agit plus de se promener dans les bois, mais de se perdre dans les pages, pourchassé par un loup qui se nomme littérature… On a tout le temps d’arriver chez Mère Grand.

Après quelques années comme critique littéraire à Voici – du grand jubilatoire pour ceux qui ont pratiqué – et autres romans, Beigbeder retrouve sa pente naturelle, celle de la formule au cordeau, du jugement affûté, du name dropping et de l’égotisme, pour parler de son plaisir en littérature. On devrait toujours obliger les écrivains à critiquer, recenser leurs semblables : ici, l’exercice est salutaire, en ce qu’il rappelle une fois de plus que Frédéric Beigbeder est un bon styliste, qui a parfois du mal à distinguer le fond de la forme… Bizarrement, ses impressions de lecture ne sont justement que des impressions : on le voit très attentif aux audaces d’une plume, moins aux sinuosités d’une histoire. Mais l’enthousiasme est souvent communicatif, d’autant que l’auteur a la plume heureuse.

L’ouvrage se lit donc avec plaisir : comme une discussion avec un lecteur primesautier, un rien provocateur – une provocation mesurée – et un lecteur engageant. Un exercice de style réussi, qui donne envie de lire, plus et encore.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 10/05/2013 )
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