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Destruction du mythe
Félicité Herzog   Un héros
Le Livre de Poche 2013 /  6,60 € - 43.23 ffr. / 239 pages
ISBN : 978-2-253-17480-6
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication en août 2012 (Grasset)
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Félicité Herzog (née en 1968) est la fille de Maurice Herzog (né en 1919), homme politique sous De Gaulle et alpiniste chevronné (il est célèbre pour avoir gravi avec Louis Lachenal l'Annapurna, un sommet de plus de 8000 mètres, le 3 juin 1950, non sans y laisser quelque doigt et orteil…), et de Marie-Pierre de Cossé-Brissac. Le couple a eu un fils, Laurent, décédé en 1999, personnage central du présent ouvrage.

Et tout part de l'Annapurna, et l'insistance d'Herzog d'aller jusqu'au bout malgré les réticences de Lachenal. Ils y arriveront, et ironie du sort, c'est celui qui mettait la prudence au-dessus de tout exploit qui périt à l'âge de 34 ans en chutant dans une crevasse lors d'une descente de ski à Chamonix 5 ans plus tard. Dommage que l'auteur d'Un héros ne mentionne pas ce destin tragique lorsqu'elle évoque brillamment l'épisode fondateur et ce début d'imposture.

En tout cas, le portrait du père est brossé. Tyrannique, narcissique, imposteur, obsédé sexuel, Maurice Herzog en prend pour son grade. Père indigne qui ne manifeste pas grand intérêt pour ses progénitures, séducteur invétéré, politique déviant vers l'extrême droite ; sa fille règle ses comptes dans ce récit (auto)biographique en soulignant uniquement les travers du paternel. D'ailleurs, on ne comprend pas qu'elle revendique l'appellation "roman" car nous sommes ici dans le récit pur et simple qui, s'il commence de manière assez romanesque (avec l'expédition de l'Annapurna), se prolonge sur un règlement de compte et une introspection qui sortent parfois du domaine littéraire. Telle est la limite du premier livre de Félicité Herzog.

Mais le destin familial ne s'arrête pas à ce père absent, père qui disparait durant le récit, devenant en fait un personnage secondaire, laissant la place (dans la vie comme dans le roman) à sa première femme, à son fils Laurent, victime expiatoire du désordre familial, et à la narratrice. Si les convenances sociales et politiques déterminent une éducation stricte, le destin de chacun est aussi lié à la façon qu'il a de s'en sortir. Si la jeune Félicité passe par de mauvais moments, notamment à l'adolescence, elle réussit à "tuer" le père et prendre son envol, ce qui n'est pas le cas de Laurent, le grand frère, qui sombrera dans la folie, peut-être à cause de l'image écrasante du père autoritaire et prestigieux.

On est partagé à la lecture de ce drame familial, et ce pour plusieurs motifs. Le premier, toujours sensible, pose la question du règlement de compte en littérature. Si l'introspection et le travail sur soi peuvent être des moteurs chez beaucoup d'écrivains, le "déballage" des souvenirs familiaux reste souvent plus banal et ne permet pas une véritable réflexion sur un drame vécu. Maurice Herzog est en fait très peu évoqué, et quand il l'est, il subit les foudres de sa fille (notamment dans cette scène terrible où le ministre décide de prendre en photo sa fille dénudée devenue adolescente) ; mais c'est cette influence néfaste qui va poursuivre les deux progénitures jusqu'au drame final, l'accident du frère qui n'était plus qu'une ombre fantomatique et suicidaire.

Pour un premier essai, Félicité Herzog fait preuve de beaucoup de maitrise stylistique à défaut de sens romanesque. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce récit familial aux personnages bien connus, l'histoire d'un gouffre générationnel qui sépare la jeune rebelle (qui finira dans la finance...) de ses parents ; le monde superficiel des années 80 s'oppose à celui plus grave de la guerre.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 07/09/2013 )
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