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''Le troisième parent, c’est l’histoire''
Nadeem Aslam   Le Jardin de l'aveugle
Seuil - Points 2015 /  8,10 € - 53.06 ffr. / 500 pages
ISBN :  978-2-7578-4522-6
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication française en août 2013 (Seuil)

Claude et Jean Demanuelli (Traducteur)

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Un très beau roman, fort et prenant, écrit par un jeune auteur d’origine pakistanaise, Nadeem Aslam, né en 1966, dont la famille s’est installée en Angleterre en 1980 pour fuir la dictature du général Zia, alors que le père était un intellectuel communiste. Le Jardin de l’aveugle est son quatrième roman ; trois ont été publiés au Seuil, dont tout récemment Le Cri de l'oiseau de pluie (février 2015).

L’action du Jardin de l’aveugle se passe entre Pakistan et Afghanistan aux lendemains du 11 septembre et de l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis. Un personnage central : l’aveugle, Rohan, qui donne son nom au titre, central non pas tant par ses actions que par l’influence qu’il a exercée et qu’il exerce sur chacun des personnages, qui tous gravitent autour de lui. Quand ils étaient jeunes, Rohan et sa femme Sofia ont fondé un institut, l’Esprit ardent, pour développer l’instruction dans la petite ville de Heer, au nord du Pakistan. Devenu âgé, Rohan a remis l’institut à l’un de ses anciens élèves, Ahmed la Mite, fervent musulman, et celui-ci l’a transformé en lieu d’islamisation fanatique. Ahmed est mort et son frère Kyra poursuit son œuvre et cherche à se débarrasser de Rohan. Ce dernier, musulman convaincu et rigoureux, ne mesure pas l’ampleur de la situation et le fanatisme des islamistes, alors que sa fille, Yasmin, travaille dans une école chrétienne et que son fils, Jeo, fait des études de médecine. Jeo a récemment épousé la très jolie Naheed, fille de Tara, veuve et couturière. Rohan avait aussi, après le décès de son épouse, morte la semaine de la naissance de Jeo vingt ans auparavant, adopté deux frères, Basi et Mikal, dont la mère était morte dans leur enfance et dont le père communiste avait disparu.

Tous sont musulmans, avec des convictions plus ou moins fortes, et se sentent à des titres divers impliqués dans le conflit afghan. Le roman commence lorsque Jeo et Mikal décident de rejoindre clandestinement les combattants afghans. Ils seront prisonniers d’un conflit qui les dépasse, pris au piège comme ces oiseaux que l’oiseleur vendeur d’indulgences capture dans le jardin de Rohan, car pour chaque oiseau libéré il recevra ensuite une obole du donateur «achetant par cet acte de compassion le pardon de quelque péché» ; ce petit commerce lui permet de survivre avec sa famille.

Nadeem Aslam, dans une langue poétique, fort bien traduite par Claude et Jean Demanuelli, nous fait plonger au cœur de drames qui s’entremêlent : drames amoureux, drames de l’incompréhension entre époux (Rohan et Sofia), drames du fanatisme religieux, drames de l’inculture mère de la violence, drames des petits qui deviennent les otages d’acteurs puissants, drames de la peur, etc. Les scènes se succèdent : combattants afghans, prisons américaines, corruption des autorités pakistanaises à tout niveau… Toutefois, à côté des scènes d’horreur, il y a aussi la beauté : la beauté des lieux, la beauté du jardin qu’avait conçu Sofia, qui était peintre, et que Rohan devenu aveugle ne peut plus voir, la beauté des individus également qui parviennent dans ce chaos indescriptible à conserver une part d’humanité, les promesses fragiles qui résident dans l’espoir d’un avenir meilleur porté par les enfants, par un jeune guépard, par l’amour…

Nadeem Aslam, dans ce récit dense, multiplie les courts récits, instants vécus par les différents personnages. Le livre refermé, les images riches demeurent… L’espace de la narration est pleinement rempli, comme ces miniatures persanes qui ne laissent pas un espace vide. Un auteur à suivre et une belle expérience de lecture. La première phrase : «Le troisième parent, c’est l’histoire», l’histoire qui emporte les hommes malgré eux…


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 13/03/2015 )
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