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Marilyn et le bourreau
Didier Decoin   La Pendue de Londres
Le Livre de Poche 2014 /  6,90 € - 45.2 ffr. / 285 pages
ISBN : 978-2-253-17939-9
FORMAT : 10,9 cm × 17,8 cm

Première publication en mai 2013 (Grasset)
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Dans les entretiens que Didier Decoin a consacré à la présentation de La Pendue de Londres, il raconte volontiers qu’il a «rencontré» Ruth Ellis, l’une des deux héroïnes de son livre, à l’âge de 10 ans, dans la page des faits divers de France-Soir, et que cette femme n’a cessé de le hanter jusqu’à l’écriture de ce roman. Il fallait une autre rencontre, celle avec les mémoires d’Albert Pierrepoint, le dernier «bourreau de la couronne» anglaise, celui-là même qui a exécuté Ruth Ellis, pour que le roman naisse.

Ruth et Albert ont bel et bien existé, dans le Londres gris de l’après-guerre ; on a envie de les appeler par leurs prénoms, ces deux-là, tant Didier Decoin nous les rend humains, pour ne pas dire attachants ; elle, fille dont la destinée croisera sans cesse le malheur, violée par son père, amoureuse d’hommes qui ne lui apportent que mépris et violence, mais qui trace son chemin, malgré tout ; elle veut devenir la «Marilyn Monroe anglaise», se prostitue pour subvenir aux besoins de ses deux enfants peu désirés ; elle réussira, en quelque sorte, socialement, puisqu’elle finira tenancière d’une maison que l’on peut dire «close» ; la rencontre avec son dernier amant, qui la bat pour qu’elle avorte de l’enfant qu’ils ont conçus, lui sera fatale, elle tuera cet amant, et finira entre les mains d’Albert Pierrepoint, pour son exécution, la dernière qui eut lieu en Angleterre, en 1955.

Lui, Albert, est un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, si ce n’est qu’il est le bourreau de la couronne, chargé d’exécuter les condamnés à mort du royaume ; il remplit cette fonction avec un amour du travail bien fait, avec une précision et une adresse minutieuses, car il n’aime pas «faire souffrir ses victimes». Albert est un expert dans l’art de calculer très précisément la longueur de la corde qui servira à pendre ses victimes, en tenant compte de leur poids, de leur taille, etc. La rencontre avec Ruth, sa dernière «patiente», provoquera un choc émotionnel chez lui, qui lui fera abandonner définitivement sa fonction.

Loin d’être simplement la «biographie romancée» de deux êtres que tout éloignait et que le destin va rapprocher, ce livre est aussi une réflexion particulièrement intéressante sur la peine de mort ; on prend fait et cause pour Ruth, en analysant ce qui l’a conduite à l’issue fatale ; même Albert est ébranlé dans ses convictions quand sa route croise celle de Ruth. Mais Didier Decoin, qui est lui-même un «abolitionniste» convaincu, ne nous assène pas un plaidoyer vibrant et maladroit, il nous instille plutôt subtilement ce qui peut nous amener à réfléchir sur le bien-fondé et l’utilité de la peine capitale. Si l’on ajoute que ce livre est écrit dans un style particulièrement alerte, et non dépourvu d’humour, on comprendra que cette lecture est à recommander fortement.


Michel Pierre
( Mis en ligne le 26/11/2014 )
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