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Révolution sociale
Gérard Mordillat   La Brigade du rire
Le Livre de Poche 2016 /  8,60 € - 56.33 ffr. / 640 pages
ISBN : 978-2-253-06972-0
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication en août 2015 (Albin Michel)
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Le dernier roman de Gérard Mordillat, homme d’images (ses documentaires sur le Christ sont remarquables) autant que de lettres, est construit comme une pièce de théâtre. Un groupe d’anciens copains du lycée, qui jouaient au handball ensemble, se retrouve un week-end chez l’un deux. Ils vivent, réunis, une histoire d’amitié, liés par des colères et ne font qu’un face à l’adversité. «Ceux qui nous gouvernent n’ont plus qu’un objectif : asservir le plus grand nombre au profit de cette oligarchie financière qui les fait manger dans leurs mains. (…) Avant on avait un métier, après on a eu un travail et maintenant on a un job quand ce n’est pas un stage».

Chacun est amené à raconter sa vie, ils s’amusent puis l'un d’entre eux mentionne un éditorial d’un certain Pierre Ramut dans un journal néolibéral, Valeurs Françaises, qui méprise ouvertement la classe ouvrière en prônant un retour aux conditions anciennes de travail, telles que les quarante-huit heures par semaine, considérant que les employés sont des fainéants, improductifs, tout sauf compétitifs, en ignorant la réalité ordinaire du monde de l’entreprise.

Que pourrait-il arriver de pire à ce journaliste qui n’a jamais travaillé de ses mains, qui juge et méprise les autres, chantre d’une nouvelle politique économique fondée sur la dérégulation du marché ? La solution pour les amis est de le faire travailler dans les conditions qu’il préconise. Le voici enlevé, enfermé dans un atelier créé sous un garage, avec une machine-outil à percer des pièces pour l’industrie : ils prennent ses éditoriaux pour modèles et lui appliquent les mêmes objectifs que ceux qu’il conseille.

Cette fiction aborde ainsi des thèmes grinçants ; ces journalistes germanopratins écrivent leurs articles en donnant des leçons à la plèbe ! Le problème est le même pour les hommes politiques qui n’ont jamais travaillé dans de telles conditions et qui lisent les journaux d'une certaine droite bien pensante. L’auteur balance sévèrement, mêlant ensemble la presse, les politiques, les faiseurs d'argent, les représentants syndicaux vendus, les employeurs indélicats, tout ce qui fait la société d’aujourd’hui. La grande richesse de ce roman, outre ses qualités d’écriture et de construction, est de faire parler à cœur ouvert des personnages incarnant une réalité que des millions de personnes vivent.

Ce qui au début semblait n'être qu'une pochade devient donc très sérieux. «Rien n’indiquait que Ramut ait été transformé après ses mois de travail dans le bunker mais eux - eux tous ! – avaient profondément changé comme si la détention de ce crétin satisfait n’avait eu pour but que de révéler ce qu’ils étaient vraiment». Comme dans le théâtre classique, les valets deviennent les maîtres... et vice versa.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 16/11/2016 )
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