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Une phrase, une ligne
David Foenkinos   Charlotte
Gallimard - Folio 2016 /  7,10 € - 46.51 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-07-046923-9
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Prix Renaudot 2014

Prix Goncourt des lycéens 2014

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David Foenkinos (né en 1974) est un auteur à succès depuis une dizaine d’années : Le Potentiel érotique de ma femme, La Délicatesse, Les Souvenirs, et plus récemment Le Mystère Henri Pick poussent les lecteurs à se précipiter sur ses romans. Ce n’est pas de la grande littérature mais nous comprenons qu’elle puisse plaire et convaincre. Chaque œuvre se vend à des milliers d’exemplaires !

Avec Charlotte, l'auteur s’attaque à la biographie de Charlotte Salomon (1917-1943), artiste peintre juive-allemande, morte en déportation à Auschwitz-Birkenau à l’âge de 26 ans alors qu’elle était enceinte. Sous la forme d’un long poème en prose (mais qui n’en est pas un), Foenkinos propose une trouvaille syntaxique curieuse qui consiste à écrire une phrase par ligne. Selon lui, et après que le texte a longtemps muri en lui, cette forme (courte et épurée) était la seule qui puisse s’adapter à son récit et servir la biographie de la jeune femme. Nous ne sommes pas convaincus par cette trouvaille quelque peu gratuite et sans grand intérêt stylistique mais l’expérience peut se faire sans danger !

Une jeune femme au destin tragique parsemé de suicides (sa mère, sa tante dont elle porte le prénom, sa grand-mère), de souffrance et de morts. Ses amours, également pas brillants : Alfred qu’elle aime éperdument et qui est le professeur de chant de sa belle-mère, mais ce dernier est volage et mystérieux et ne s’attache pas vraiment à celle qui aura peint ses portraits jusqu’à sa mort ; puis Alexander, déporté avec elle alors qu’elle est enceinte de 5 mois et qui ne survivra pas non plus.

On est dans l’Allemagne nazie des années 30 et 40. Foenkinos enquête sur Charlotte parce qu’elle est une artiste douée et accomplie avant tout. Il est fasciné par la jeune fille, il se rend sur les lieux de vie, de création et de mort, qui ont compté pour elle. Entre Berlin et Villefranche-sur-Mer où elle a transité pour échapper aux persécutions, Foenkinos tente de comprendre et retrace ligne par ligne, pas à pas (d’où la forme adoptée), ce destin triste et passionnant. Peut-être qu’un destin aussi lourd aurait mérité une prose plus fouillée et dense plutôt que des phrases qui se succèdent avec cette simplicité affichée. On est partagé entre l’investissement personnel de l’écrivain qui recherche les traces de son fantôme avec passion et frénésie et la relative banalité de ses propos oscillant entre récit, analyse psychologique et projection.

Le but de l’auteur est de nous intéresser à l’œuvre de Charlotte Salomon, l’artiste maudite, en nous conseillant également l’ouvrage qui lui a permis de réaliser cette quête de vérité : Vie ? ou Théâtre ?, sorte d’autobiographie picturale que l’on a retrouvée après sa mort. Charlotte a le mérite de faire re-découvrir la vie tumultueuse et malheureuse d’une jeune femme qui, après avoir souffert toute sa vie de drames familiaux et personnels, a fini gazée dans un camp de concentration. Signe tragique du destin : celle qui a vu mourir les siens un à un a péri en portant une vie qui n’a pu éclore. L’enfant qu’elle portait en elle meurt sans naitre, comme un pré-meurtre, concluant symboliquement une évolution familiale impossible. Elle a été le témoin direct de morts qui ont brisé sa vie, et elle n’a pu donner naissance à l’intérieur même de son être, tout en disparaissant elle-même.

Rien de bien réjouissant donc sous la plume simple et efficace de Foenkinos.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 20/05/2016 )
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