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Maison fantôme
Adrien Goetz   Villa Kerylos
Le Livre de Poche 2019 /  7,90 € - 51.75 ffr. / 347 pages
ISBN : 978-2-253-90660-5
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm

Première publication en mars 2017 (Grasset)
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Historien de l’art, écrivain, Adrien Goetz joue avec élégance de ses divers talents et construit une œuvre originale, dont une partie est consacrée à l’histoire de l’art (L’Atelier de Cézanne, Au Louvre, Les Arts face à face, etc.), et dont l’autre se décline en romans sur différents registres : Romans «historiques» telle La Dormeuse de Naples, romans policiers, clins d’œil à Arsène Lupin (Intrigue à l’anglaise, Intrigue à Versailles, etc.).

Villa Kerylos dont le titre semble indiquer que le héros - héroïne principale - du roman est la villa grecque de Beaulieu-sur-mer, construite entre 1902 et 1908 à l’initiative de Théodore Reinach, est en fait bien davantage que l’histoire de cette demeure hors du commun. Adrien Goetz fait revivre à ses lecteurs l’histoire des trois frères Reinach, Joseph (1856-1921), Salomon (1858-1932) et Théodore (1860-1928), surnommés par leurs contemporains, non sans quelque malveillance, «Je sais tout».

Trois frères, très riches, à qui leur père banquier juif originaire d’Allemagne avait fait donner une éducation exceptionnelle ; exceptionnelle par la liberté et l’ambition culturelle. Aussi brillants les uns que les autres, les trois frères se sont illustrés au début de la Troisième République dans des domaines différents : politique pour Joseph, hellénistes, orientalisants, historiens de l’art, membres l’un et l’autre de l’Institut, pour Salomon et Théodore. Sans doute moins connus du grand public que les Rothschild ou les Camondo, ils illustrent avec talent la réussite d’un modèle français d’assimilation au cours du second XIXe siècle.

Adrien Goetz reprend ces destinées remarquables, et sans jamais ennuyer le lecteur les présente à travers une histoire romanesque : celle de la construction de cette villa que Théodore l’érudit a voulu semblable à une villa grecque du Ve siècle, mais avec tout le confort de la fin du XIXe. Villa au nom d’oiseau, Kerylos, l’alcyon (ou hirondelle de mer), villa perchée au bord de la mer, sur la Baie des fourmis à Beaulieu-sur-mer. Villa belle dans sa simplicité, à rebours des somptueuses villas «tape à l’œil» du voisinage, telle la villa Ephrussi de Rothschild, ou la Léopolda du roi des Belges, ou encore la toute proche résidence de Gustave Eiffel, ami des Reinach. Un hommage à la civilisation grecque que reprend la citation donnée en exergue de Théodore Reinach : «Les Grecs ont découvert la gloire, ils ont découvert la beauté, et ils ont apporté à cette découverte une telle allégresse, une telle surabondance de vie qu’il se dégage encore de leur œuvre, après deux ou trois mille ans écoulés, une contagion de jeunesse…»

Le narrateur a vécu son enfance et sa jeunesse dans cette maison, fils de la cuisinière et du jardinier des Eiffel ; Théodore lui a fait apprendre le grec ancien, a voulu lui inculquer le goût de l’érudition, à partager avec son fils Adolphe. Adolphe est mort à la guerre de 1914, tous les membres de la famille ont disparu, emportés par l’âge ou la violence de l’une ou l’autre des guerres. Survivant d’une jeunesse enchantée, peintre reconnu, âgé, il s’introduit de façon clandestine dans la villa abandonnée dont il a conservé la clé. Les lieux sont délabrés à la suite de la Seconde Guerre mondiale et du pillage des Allemands. Il se livre à une visite méticuleuse qui fait revivre dans sa splendeur chaque pièce, chargée des souvenirs de sa jeunesse, en quête d’un objet mystérieux. Passe toute une époque, deux guerres semées de morts, des destins brisés.

Un livre à la fois mélancolique et optimiste, bien écrit, qui donne envie d’aller au plus vite visiter la belle villa Kerylos, et de rêver à cette société disparue, dont seuls les érudits se souviennent encore… C’est aussi sans doute l’occasion de lire ou relire Le Portrait de Pierre Assouline (l’histoire, à travers son portrait réalisé par Ingres, de la baronne Betty de Rohschild) et La Mémoire retrouvée d’Edmund de Waal (sur les Camondo).


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 28/06/2019 )
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