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L'univers préparationnaire
Arthur Nesnidal   La Purge
Seuil - Points 2020 /  6,50 € - 42.58 ffr. / 145 pages
ISBN : 978-2-7578-7716-6
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm

Première publication en août 2018 (Julliard)
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Depuis Jules Vallès, on sait que le roman de l'étudiant est un thème riche, une déclinaison de l'aliénation en version pédagogique. Avec La Purge, Arthur Nesnidal s'inscrit dans un genre équivalent, le roman de khâgneux, l'élève de classe préparatoire... Il ne s'agit toutefois pas d'en chanter les vertus, mais bien de dénoncer une entreprise au mieux abrutissante.

Arrivé en hypokhâgne à Clermont Ferrand, ce jeune homme est bientôt happé par la vie de classe prépa : le rythme des cours/colles/devoirs/lectures, la rivalité permanente avec les autres étudiants, les petits marquis qui singent déjà leurs enseignants, la séparation - d'aucun diraient la distinction - rapide avec le reste de l'univers, qui ne peut pas comprendre...

Arthur Nesnidal raconte tout cela dans un style baroque, rococo, avec maintes fioritures et autant d'aphorismes. Il y a de la véhémence, de la colère, voire un trauma caché dans cette hargne avec laquelle ce jeune auteur décrit cet univers préparationnaire. Les chapitres sont à l'avenant : la cantine, les condisciples, les profs (avec quelques portraits d'enseignants particulièrement honnis : le philosophe qui vit dans les nuées, l'historienne mal embouchée, la prof de lettre sans âme...), l'infirmerie (si agréable et si dangereuse). L'auteur, on l'a compris, s'intègre mal dans ce monde : errant entre littéraires et scientifiques, il laisse son ironie naturelle s'exalter, un peu trop, et part finalement retrouver la réalité.

Ce roman est oppressant : style dense, voire chargé, maniériste, atrabilaire, scandé par quelques obsessions et autres... A la lecture, on se dit que ce type d'écrit doit être réservé aux anciens de la khâgne de Clermont Ferrand, et plus largement aux anciens khâgneux. Ceux-ci y trouveront dans une certaine mesure un joli défouloir ou un règlement de comptes avec l'institution... Plus largement, le roman intéressera les curieux, qui se demandent effectivement comment se passe une année de prépa : il serait alors bon de les rassurer, et de tempérer la rigueur du jugement.

A cet égard, Arthur Nesnidal livre un texte qui respire aussi la déception de n'avoir pas connu le bonheur d'un lieu consacré à la connaissance et à la réflexion, sentiment hélas très répandu.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 20/11/2020 )
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