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Terreur sur le djebel
Jean-Baptiste Naudet   La Blessure
Gallimard - Folio 2021 /  7,50 € - 49.13 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-07-283591-9
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm

Première publication en août 2018 (L'Iconoclaste)
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Jean-Baptiste Naudet, grand reporter au Monde puis au Nouvel Observateur, correspondant dans les Balkans et en Europe de l’est (Tchétchénie), présente «un roman vrai» : un récit écrit avec les tripes, une histoire de guerre, d’amour et de folie. La guerre, J.B. Naudet l’a connue en Tchétchénie, «des corps de femmes carbonisées qui serrent leur bébé en charbon contre elles». Une guérilla similaire et sans nom a tué le sergent Robert Sipière à vingt ans dans le djebel kabyle. L’amour, c’est celui de Danielle, la mère de J.B., pour Robert. Et la folie, c’est la dépression de la mère ; en écho, J.B. fait lui aussi un épisode dépressif et se retrouve en H.P.

Ils sont partis nombreux pour un service militaire qui allait se transformer en horreur, véritable honte pour l’État français, alors qu’en métropole on commençait à danser sur les rythmes yéyés. Les jeunes appelés dansaient eux sur d’autres airs, la mort, la peur et la torture infligée ou subie : des gamins de vingt ans emportés par une histoire qui n’était pas la leur, envoyés se battre pour défendre les intérêts du gouvernement.

Robert Sipière, jeune chrétien instruit, devenu sergent, est parti au front après une seule nuit d’amour avec Danielle, sa fiancée qu’il doit épouser dans cinq mois, à la «quille». Ils s’écrivent de nombreuses lettres tendres, intelligentes et passionnées. J.B. est la voix qui s’intercale dans cette correspondance, fils non de Robert, tué le 9 juin 1960 dans le djebel Djurjura par un jeune fellagha, mais de Gilles, l’ami fidèle qui épousera Danielle. Cette dernière, inconsolable, s’enfoncera dans la dépression puis la folie quand le traumatisme remontera à la surface.

J.B. est devenu reporter de guerre pour connaître ce qu’a pu vivre Robert, et exorciser la douleur de sa mère qui, pharmacienne et biologiste, savait composer des cocktails de tranquillisants et calmants pour s’abrutir dans le chagrin. Elle n’avait pas fait son deuil sur le moment. A son tour, il sombre dans de graves troubles psychiatriques après ses reportages, l’histoire familiale lui revient en pleine face.

Il est difficile de dire ici la puissance du récit, sinon en prévenant les âmes sensibles. On est frappé par la force des sentiments et des actes, mêlant le goût du sang à celui des larmes. L’auteur a eu besoin d’extérioriser ce secret de famille pour parvenir à la résilience : il envisage même de rendre visite à la famille du jeune arabe tombé en même temps que Robert. «La guerre, ce n’est pas seulement la drogue du combat, cette addiction aux sensations fortes, cette soif d’action qui l’emporte su la peur, ce concours idiot du machisme. C’est surtout une irremplaçable intensité des rapports humains, portés à leur incandescence».


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 02/04/2021 )
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