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Mémoires d’académicien
Jean d\' Ormesson   Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
Gallimard - Folio 2019 /  8,40 € - 55.02 ffr. / 496 pages
ISBN : 978-2-07-282387-9
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm
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Jean d’Ormesson (1925-2017) affirmait avoir vendu des millions de livres durant sa longue carrière. On lui a cependant reproché d’avoir toujours écrit le même ouvrage. Celui-ci a le mérité d’être clair puisque l’académicien se penche sur son existence. A travers un faux procès où il répond aux accusations de son autre moi, son sur-moi, il dresse un autoportrait qu’il veut libre, sincère et caustique. A son image.

Pourquoi être passé par cette forme quelque peu immature pour affronter le genre autobiographique ? Curieuse façon de rendre ironique ou distant un propos qui s’attache à se raconter, à se questionner, à se comprendre puis à évoquer l’époque qu’un écrivain traverse. Jean d'Ormesson aurait dû écrire ses mémoires, à la manière d’un Chateaubriand ou d’un Raymond Aron qu’il vénérait tant. Peut-être conscient qu’il ne faisait pas le poids, il opte stratégiquement pour la pirouette. Peu importe, les deux tiers du livre se lisent avec un grand plaisir. L’homme est doublement énervant. Il a tout vécu, tout réussi et il le raconte avec cette espièglerie faussement modeste et bêtement ironique. Les passages où il s’adresse à son accusateur frôlent la puérilité et souffrent d'une lourdeur de ton alors que la ses confessions rendent compte d’une époque passionnante et révolue.

Le petit Jean, fils de diplomate, parcourt le monde tout en préparant son baccalauréat à distance : Allemagne, Roumanie, Brésil, France. Il intègre Normale-Sup et en sort diplômé avant de passer son agrégation de philosophie. L’écrivain, faux modeste, en parle comme si n’importe quel scribouillard aurait pu suivre la même trajectoire. S’ensuivent une galerie de portraits (Althusser, Caillois, Aron, Julliard, Gallimard), des anecdotes plus ou moins savoureuses, des aventures éditoriales, journalistiques et littéraires qui se lisent avec intérêt car elles renseignent avant tout une époque où l’art avait un sens quasi social et une importance pour chacun.

Il devient haut fonctionnaire à l’Unesco, voyage beaucoup, rencontre d’illustres figures politiques et littéraires, puis prend le poste de directeur du Figaro où, contraint par un plan social, il licencia Bernard Pivot et Jean-Marie Rouart ! Peu rancuniers, le premier l’invita souvent sur son plateau quand le second devint son grand ami. La littérature prit le pas sur la carrière suite au départ de Jean du puissant journal. A partir de là, les livres s’enchaînent mais l’auteur ne souhaite plus en parler. Il se met à écrire une longue et vaine digression sur le sens de la vie, les petits plaisirs terrestres et sa vision existentielle. Le lecteur, qui a suivi jusqu'ici la verve de l’écrivain, tombe d’un coup dans un gouffre de banalités, de vulgarisations et de développements peu convaincants. C’est bien dommage, car l’académicien est un écrivain que l’on aime lorsqu’il est mémorialiste et factuel. Mais par pêché d'orgueil, il se crut aussi de temps à autre penseur ou moraliste.

Un an avant sa disparition, d’Ormesson signait enfin le livre bilan. On y retiendra une sorte d’auto-ironie sympathique mais surtout une grande culture livresque et l’amour des gens à qui il rend hommage dans des portraits toujours justes et rarement polémiques : d'Aragon à Roger Peyrefitte (l'une des rares personnes qu’il égratigne) en passant par Mauriac, Borges et bien d’autres. Une belle conclusion d’une œuvre prolifique, avec quelques réserves, notamment sur la tonalité parfois inappropriée pour ce type d’exercice.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 12/04/2019 )
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