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Larguer les souvenirs
Jean-Philippe Blondel   Un minuscule inventaire
Pocket 2007 /  6.70 € - 43.89 ffr. / 272 pages
ISBN : 978-2-266-16425-2
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Première publication en août 2005 (Robert Laffont).
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Que faire lorsque l'on se retrouve, seul, dans une maison trop pleine du passé ? Antoine, professeur tout juste divorcé, la quarantaine désabusée, a trouvé : un vide-grenier. Oui, c'est décidé, il consacrera son dimanche à vendre ces «non-souvenirs qui encombrent les mémoires». Trois tréteaux pour une vie.

Pour qui a déjà pratiqué l'exercice du vide-grenier, le quatrième roman de Jean-Philippe Blondel fait mouche et amène plus d'un sourire entendu. L'auteur transcrit avec humour et réalisme l'atmosphère de ces rendez-vous désormais prisés du week-end. La frénésie des préparatifs (quand on ne choisit même plus les objets à vendre et que l'on finit par se débarrasser de tout et n'importe quoi), l'installation à l'aube, dans le froid, les mains collées au thermos. Et puis l'attente, la première transaction un peu surréaliste, la mémoire qui se réveille avec chaque vente. Le dépit, bien sûr, face à ceux qui s'arrêtent, regardent, retournent, soupèsent et ne prennent rien.

Jean-Philippe Blondel aurait pu s'arrêter à cette chronique douce-amère de la vie en province, où les cloches des églises marquent les heures et les trains Corail traversent le paysage. Il aurait servi un joli et bucolique «Inventaire», bien dans l'air du temps puisque les sujets sur les brocantes et la vie en «campagne» sont de mode. Mais cet auteur est aussi un incroyable observateur de l'âme humaine. Son art ? Nous narrer, avec acuité et tendresse, nos propres vies.

Depuis une trame de fond toute symbolique, Jean-Philippe Blondel distille donc l'usure des sentiments et le poids du temps sur les rêves d'avant. Dans son opus précédent, la musique véhiculait les souvenirs. Cette fois, l'objet devient réminiscence d'un moment et d'une émotion. La bande d'amis du lycée que l'on croyait garder toute sa vie, la découverte du corps de l'autre, une soirée décisive dans un théâtre parisien. Les choses changent de mains, et Antoine se souvient. Il pense aux petites conciliations qu'il a peu à peu acceptées, avec sa femme et ses enfants, avec lui-même et ses envies. Il se remémore ses essais répétés, et toujours avortés, pour apprivoiser l'acte d'écriture. Cette fichue manie de dériver vers la rêverie.

Objets-vendus, objets-chinés : par effet de miroir, la seconde partie de l'ouvrage donne la parole aux nouveaux propriétaires. A leur tour de projeter doutes, espoirs et souvenirs personnels sur l'objet, vecteur inanimé de toute une intimité. Grâce à ces morceaux de vies entrecroisées, l'histoire enfle et acquiert des ramifications nouvelles. Presque malgré les protagonistes d'ailleurs.

Jean-Philippe Blondel aime les rythmes ternaires. Comme un hommage. Le roman regorge d'appositions, de longs et minutieux travellings à travers les pièces, les époques, les sentiments. Pour chaque pan de vie, c'est une avalanche de détails sur les dates, les lieux, les âges. Mais le style demeure si maîtrisé qu'une vraie impression de fluidité et légèreté ressort à la lecture. Et par deux fois, les effets et l'art de l'écrit s'effacent. Ils s'inclinent devant ce petit quelque chose de tenu et d'impalpable qui surprend au détour d'une ligne et bouleverse : guidés par un stylo plume noir à fines rayures, nous sommes dans une chambre d'enfant, puis dans un grenier poussiéreux, aux côtés d'un vieil homme qui parle de la ronde jamais réellement interrompue des souvenirs. De cette transmission inconsciente qui ne s'incarne qu'un temps dans l'objet, avant de s'imprégner définitivement au coeur et à l'âme.


Stéphanie Scaringella
( Mis en ligne le 23/10/2007 )
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