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Trois solitudes, un poète et la Ville
Michael Cunningham   Le Livre des jours
10/18 2012 /  8,40 € - 55.02 ffr. / 439 pages
ISBN : 978-2-264-05719-8
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Anne Damour (Traduction).

Première publication française en avril 2006 (Belfond).

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Une fois encore, Michael Cunningham charme et saisit avec un roman à la construction complexe, tressant ensemble trois histoires distinctes en trois époques très différentes : mais une unité de lieu, de ton et de coeur rassemble les trois itinéraires. Celui d'un jeune ouvrier adolescent dans un New York en révolution industrielle, Lucas aux yeux vairons, attardé ou trop poète, lui qui récite Whitman – qu'il lit chaque soir avant de se coucher – sur le bout des doigts ; celui de Cat, femme flic, psycho-cop en chasse aux terroristes et meurtriers potentiels qu'elle traque au bout du téléphone, dans un New York contemporain, sauvagement balafré par le choc du 11 septembre ; celui enfin de Simon, sorte de prostitué androïde dans un Manhattan post-apocalyptique et totalitaire, chez qui Whitman, aussi, est un programme, et qui, progressivement, tombe amoureux de Catareen, belle Nadienne, extraterrestre tombée sur Terre comme ses congénères, pour y effectuer des jobs d'utilité publique...

Trois New York que réunit l’œuvre de Whitman, écrivain fantôme ou daimôn sous la plume de Cunningham, ici référence littéraire dévotement apprise par cœur, là environnement culturel d'enfants/terroristes créant dans la City une étrange psychose, ailleurs enfin un logiciel informatique... D'autres traits d'unions raccrochent les trois histoires qu'on ne peut donc appeler des nouvelles tant elles forment ensemble ce séduisant équilibre en une alchimie littéraire, savoureuse et jamais totalement dévoilée : des prénoms qui se font écho, Catherine, la prostituée adorée par le jeune Lucas dans la première histoire, Cat la flicarde et Catareen, la belle alien mutique ; Lucas et Luke, Simon plusieurs fois, etc. Ce bol de nacre ou de porcelaine, aux signes hermétiques, ensuite, que l'on retrouve dans chaque récit, passager clandestin du temps, que chaque protagoniste charge de son sens...

Le reste est indicible, porté par une intemporelle apesanteur qui fait que, de la ville insalubre du XIXe siècle à celle naufragée dans un futur dystopique, New York sert de scène à de poétiques solitudes, celle de Simon, celle de Cat, celle de Lucas enfin, et de tous ceux qu'ils croisent... Tout change mais rien ne change en somme.

Ce Livre des jours est une œuvre intense et profonde, absconse mais sans perdre son lecteur qui, pour chaque histoire - «Dans la machine», «La croisade des enfants», «Une pareille beauté» -, saura prendre le train en route et donner la main aux personnages. Trois femmes déclinaient dans Les Heures un vague à l'âme tout woolfien ; dans Le Livre des Jours, Cunningham sert de guide fantomatique à trois âmes esseulées et narguées par la mort et ses spectres...


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 08/02/2012 )
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