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Régime sans sel
Céline Curiol   Permission
Actes Sud - Babel 2010 /  7.50 € - 49.13 ffr. / 253 pages
ISBN : 978-2-7427-9008-1
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en janvier 2007 (Actes Sud)
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Le narrateur est un «résumain», sorte de fonctionnaire international moyen, chargé au sein d'une organisation dénommée l'Institution, de rédiger le plus neutrement possible, dans la novlangue la plus bureaucratique qui soit, les comptes rendus des assemblées générales. Recruté par l'Institution, sans trop savoir ni comment ni pourquoi ni depuis quand, il en est devenu le prisonnier...

Il y vit et y travaille, soumis à un règlement pesant, évoluant dans un monde où la hiérarchisation domine, entre résumains et hommes en bleu, du simple personnel d'entretien, au fil des étages de la tour, dont le 54ème abrite la direction générale. «Les objectifs de l'Institution épousent mes convictions personnelles et cette adéquation est indispensable à l'excellence de mon travail». Bref, une sorte de Gattaca technocratique. Tout au long de ce savoureux roman, on n'en sort pas. Pourtant, apprenant la maladie aggravée de son père, le narrateur doit pouvoir obtenir la permission éponyme, et enclenche donc la procédure administrative en ce sens.

«A l'instar des véritables démocraties, l'Institution considère ses membres égaux en droit. Il m'est donc formellement interdit d'insérer dans mes résumés le moindre commentaire. Ne jamais passer à côté de l'essentiel pourrait être la devise de mon métier ; neutralité, précision et justesse, ses lignes directrices.»

A moins que la permission ne soit, plus généralement, celle d'échapper à cette bureaucratique emprise... Car surgit une étincelle, dans la rencontre avec A., autre résumain qui initie notre anti-héros aux beautés de ce qui n'existe plus, de ce qui est prohibé, même : la fiction. Notre narrateur découvre le soufre d'un roman, rédigé par un mystérieux Dumika, seul nom à apparaître dans le récit. Dans un monde où ne survivent plus que les lettres (A. est cet autre résumain/agent provocateur, W. est l'île où un combat provoque l'agitation administrative de l'Institution, V. est une journaliste elle aussi insolente), les mots manquent et ont revêtu une valeur religieuse, transmise via une sorte de secte, et dont la Bible est un roman. Illuminé, le narrateur traverse son chemin de Damas.

Un roman qui renvoie à Orwell, Huxley et ces autres génies façonneurs de ces dystopies qui nous ressemblent. L'écriture est travaillée, belle, sérieuse, portant dont merveilleusement le message ici suggéré : celui de son indépassable nécessité.


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 08/03/2010 )
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