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Prestidi-jetseteur
Charles Dantzig   Je m'appelle François
Le Livre de Poche 2010 /  6.50 € - 42.58 ffr. / 280 pages
ISBN : 978-2-253-12546-4
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2007 (Grasset)
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Itinéraire d'un extraordinaire affabulateur, d'un menteur majuscule. François au mille noms, Darré étant celui d'origine, comète flamboyante traversant le firmament, et les hautes sphères, au grès du temps : Paris, New-York, L.A., Dubaï... Une enfance fade, provinciale, à Tarbes, une mère absente. Puis la montée à Paris et les premières audaces ; en peu de temps, le fringant jeune homme devient coutumier des fêtes au Palace, et, de nuits blanches en coups de poker, comme une sorte de fou des rois, des duchesses et des starlettes : le pote des grands, le confident des stars... Bref, entre Massimo Gargia et Julien Sorel (car il y a ce je-ne-sais-quoi de stendhalien dans le roman de Ch. Dantzig).

Il s'invente des noms en même temps que des histoires, acteur plus que schizophrène, joueur masquant, peut-être, un mal de vivre, à moins qu'il ne s'agisse de grand art : «François Astor, François Dumas, François Anderson, François Casiraghi, François Depardieu, François Rothschild, et tant d'autres François qu'il faudrait». François, prestidi-jetseteur.

On suit avec délices la trajectoire de pareil astre, car chaque plongée dans un microcosme rapporte une critique incisive, jubilatoire, de ses indigènes. Exemple, pour Los Angeles : «Si on faisait une coupe longitudinale de l'Angelino, on trouverait, dans le nez, de la poudre, dans les seins, de la silicone, dans l'estomac, du tofu, dans la tête, de la scientologie.» Même chose pour Paris, New York, L.A. et Dubaï, toute une géo-histoire des lieux «in» à travers le monde.

Mais cet aventurier/dandy, aristocrate comme on n'en fait plus, finit par tomber dans l'auto-broyeur des élites : la télévision. Un reportage sur M6, genre sujet choc, en fait insipide, ânonné par une voix au débit somme toute aussi ridicule qu'au temps de la RTF, fait de François X un «pipol» dévoyé, ringardisé, un temps sous les feux des projecteurs, finalement oublié. «François devenait un héros moqueur, un renard plus fort que les milliardaires gras, un Français classique». Et la page de se tourner, non sans une peinture aussi tranchante que, elle aussi, hilarante, de l'Olympe cathodique français.

Bref, intelligemment, François Dantzig s'amuse et la distraction est contagieuse. A siroter, loin de tout écran plat...


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 22/03/2010 )
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