L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Mercredi 3 juin 2020
  
 
     
Le Livre
Poches  ->  
Littérature
Essais & documents
Histoire
Policier & suspense
Science-fiction

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Poches  ->  Essais & documents  
 

Pamphlet anti-vert
Iegor Gran   L'Ecologie en bas de chez moi
Gallimard - Folio 2012 /  5.95 € - 38.97 ffr. / 165 pages
ISBN : 978-2-07-044797-8
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en février 2011 (P.O.L.)
Imprimer

Iconoclaste, ironique, Iegor Gran l'est assurément ; on le sait depuis son roman O.N.G.!, Grand Prix de l'humour noir 2003, dans lequel deux ONG se livraient une guerre picrocholine et hilarante. Toujours aussi politiquement incorrect, le romancier s'attaque dans son dernier ouvrage, un récit intitulé L'Ecologie en bas de chez moi, à une autre vache sacrée : la doxa verte. Sa plume acerbe traque la bien-pensance bobo parisienne, pourfend l'hypocrisie du consumérisme écolo, et taille en pièces les petits-gestes-du-quotidien censés sauver la planète.

Ne reculant devant aucune provocation, Iegor Gran reformule les arguments écologiques comme un dogme religieux – une simple foi dénuée de toute base rationnelle, qui convertit les foules par la menace d'une Apocalypse certaine. Puis il file allègrement la métaphore totalitaire : l'emblématique film de Yann Arthus-Bertrand, Home ? Il vaut bien la propagande nazie de Leni Riefenstahl. Les voisins surveillant qui ne jette pas ses déchets dans la bonne poubelle ? Guère mieux que des kapos. Le débat entre scientifiques partisans et adversaires de la théorie du réchauffement climatique ? Querelle entre bolcheviks et mencheviks...

L'auteur pousse la provocation jusqu'au mauvais goût, mais l'assume entièrement, puisqu'il reconnaît que si ses comparaisons grotesques «strictement à usage privé», se retrouvent sur ces pages, «ce n'est que le résultat du genre littéraire choisi, à savoir l'autofiction, genre qui suppose la franchise de l'écrivain quelle que soit la lie sexuelle ou intellectuelle où il se vautre». Certes. Et il s'agit bel et bien d'un récit à la première personne, qui hésite entre le pamphlet et le journal intime, qui décrit dans un chapitre la brouille progressive avec l'ami écolo puis décrypte dans le suivant le greenwashing, cet opportunisme des entreprises se rachetant une conscience verte.

Mais si Iegor Gran démonte très justement l'hypocrisie des pays riches et des modes de consommation faussement vertueux, la forme choisie – une mauvaise foi revendiquée - irrite plus qu'autre chose. Les attaques contre les bobos parisiens sonnent comme de vieilles rengaines fatiguées, les dialogues avec l'ami et contre-exemple Vincent paraissent forcés, les digressions dans les multiples notes de bas de page dont surabuse l'auteur lassent, et l'ensemble, bien que baigné d'un second degré évident et même explicité, ne convainc pas.

Pourtant, certains passages isolés mettent en évidence la plume mordante de l'auteur : le passage où il croque son dentiste dissertant allègrement - et faussement - sur la faiblesse de la théorie scientifique du réchauffement global est délectable ; sa note de bas de page décrivant la procédure à suivre en cas de bris d'une ampoule fluocompacte, jouissive.

Au final, la partie la plus lisible du livre est le «bonus» en annexe : l'article écrit par Iegor Gran pour Libération en juin 2009, dénonçant «l'opportunisme vu du ciel» de Home, le film de l'ancien photographe du Paris-Dakar reconvertit en chantre de la planète, Yann Arthus-Bertrand. C'est par cette excellente tribune, drôle, caustique et concise, qu'a commencé l'aventure racontée dans L'Ecologie en bas de chez moi. Si seulement Iegor Gran s'en était tenu là au lieu de se perdre dans un récit brouillon et fleurant le combat d'arrière-garde, sa critique aurait été cent fois plus percutante.


Andréa Davoust
( Mis en ligne le 03/10/2012 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Les Trois Vies de Lucie
       de Iegor Gran
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd