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Crime à Dannöd
Andrea-Maria Schenkel   La Ferme du crime
Actes Sud - Babel Noir 2009 /  6.50 € - 42.58 ffr. / 157 pages
ISBN : 978-2-7427-8213-0
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Première publication française en janvier 2008 (Actes Sud - Actes Noir).

Traduction de Stéphanie Lux.

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Dannöd est un village ordinaire de la Bavière, avec son église, quelques fermes éparses. Rien ne pouvait laisser présager qu’il serait le théâtre d’un drame. Toute la famille Danner a été assassinée sauvagement. A la manière d’un Truman Capote, Andrea Maria Schenkel recoupe les témoignages des villageois. De simples anecdotes en révélations, chacun a son avis. D’ailleurs, personne ne regrette cette famille.

Vivant en autarcie, les Danner ont été depuis toujours au centre de tous les commérages. Il est vrai que la personnalité du père n’y est pas pour rien. Redouté pour sa violence et son avarice, «il était un nazi fini, puis fricotait avec les américains.» Opportuniste, il a su faire prospérer sa ferme, en escroquant ses employés et ses clients. Oui, le père Danner était un homme mauvais, presque maléfique. Ne l’a-t-on pas vu maltraiter ses employés jusqu’au sang ? Et sa femme, une dévote, qui a toujours vécu dans la crainte et la saleté. La Ferme du crime ou l'antre du désespoir et du mal. Il se murmure d’ailleurs que le vieux Danner fricotait avec sa fille et serait le père de ses propres petits enfants, des petits morveux mal fagotés, toujours sales. Tous s’accordent à dire à demi-mots que les Danner ont mérité leur sort. Mais pourquoi tant de sauvagerie ? Est-ce un acte de vengeance ? Un cambriolage qui a mal tourné ?

Beaucoup de suppositions pour ces meurtres que l’auteur a transposés dans une Allemagne d’après-Guerre, un pays ébranlé où les suspicions et les règlements de compte sont légion. Mais c’est aussi une Allemagne qui se tait et qui a peur, sourde aux malheurs d’autrui. Et au-delà du portrait d’une nation, c’est aussi une succession de portraits de gens simples. En mélangeant des formules langagières, Andrea Maria Schenkel a su nuancer, approfondir des jugements quelquefois abrupts, sans détours, mais aussi apporter une réflexion sur la culpabilité, car ces villageois ne sont-ils pas responsables par leur mutisme ?

Comparé à De sang froid, Andrea Maria Schenkel reprend ici le même procédé stylistique, sans en atteindre la même force narrative. Mais malgré cette impression de déjà lu, La Ferme du crime reste une œuvre remarquable.


Catherine Martinez-Scherrer
( Mis en ligne le 29/05/2009 )
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