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Visionnaire et glaçant
Stephen King   Richard Bachman   Running man
Le Livre de Poche 2005 /  5.00 € - 32.75 ffr. / 315 pages
ISBN : 2-253-15151-3
FORMAT : 11 x 18 cm

Traduit de l'américain par Frank Straschitz.
Ouvrage paru en 1988 (Albin Michel).

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Dans un avenir proche, aux États-Unis, l’écart entre les classes sociales est devenu un gouffre. Pour oublier la pauvreté, la pollution et le chômage, les plus défavorisés regardent avec frénésie le Libertel, sorte de télévision rendue obligatoire pour chaque foyer par le Gouvernement. Des programmes de reality-show passent en boucle, tous plus sordides les uns que les autres. Ben Richards, père de famille sans emploi, n’a d’autre recours que de participer à une de ces émissions, pour permettre à sa fille mourante d’accéder à des soins médicaux. Avec la promesse d’empocher un million de dollars, Ben se retrouve le héros de « la Grande Traque », gigantesque chasse à l’homme à l’issue fatale.

Lâché sur le territoire américain, pour un délai de trente jours, notre homme se voit pourchassé par des traqueurs. Ces mercenaires aux méthodes douteuses participent eux aussi au jeu, et ont pour objectif de retrouver la trace de Ben afin de l’abattre. Les spectateurs peuvent également collaborer à l’émission : chaque indice apporté permettant de retrouver la trace du fuyard se voit récompensé de cent dollars. Commence alors pour Richards une course éperdue contre le temps, un combat qui semble perdu d’avance dans une société décadente et sans avenir.

Pour l’écriture de Running man, Stephen King, sous le pseudonyme de Richard Bachman, a fait encore preuve d’une étonnante imagination, mais qui prend pourtant racine dans un futur crédible. Le lecteur n’a pas d’autre choix que de se laisser entraîner par un suspense véritablement haletant jusqu’à un épilogue à couper le souffle. King/Bachman n’a pas son pareil pour décrire avec cynisme et ironie une société américaine décadente, centrée sur le voyeurisme, perdue dans une quête du profit permanent, du divertissement ayant perdu ses valeurs essentielles. Le tout est teinté d’un désespoir proche du nihilisme. C’est l’un des paradoxes de cet écrivain encore trop décrié, qui profite largement de son statut d’auteur de best-seller, mais ne s’empêche aucune liberté (qu’on songe par exemple à son étonnant Écriture, un véritable manuel pour jeune écrivain en herbe).

Dans – qui fut adapté au cinéma en 1987 par Paul Michael Glaser avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal – Stephen King prend un malin plaisir à attirer l’attention du lecteur sur le caractère pervers de la télé-réalité, phénomène récent inondant jusqu’à la nausée nos chaînes françaises, mais vulgarisé depuis des années aux États-Unis. En effet, il est possible, au cours de certaines émissions américaines, de pouvoir assister en direct à l’arrestation de délinquants par la police. Le spectateur peut se régaler de véritables poursuites en voiture, d’arrestations musclées, de tirs à balles réelles. À la lecture de Running man, on se dit que malgré tout, Stephen King n’est pas si loin de la réalité, que le dérapage de ce genre d’émissions est assez plausible en fin de compte. Et ça fait froid dans le dos.


Frédéric Delayre
( Mis en ligne le 25/02/2005 )
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