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Jack, le hobo magnifique
Jack London   La Route - Les Vagabonds du rail
Phébus - Libretto 2001 /  7.48 € - 48.99 ffr. / 192 pages
ISBN : 2-85940-701-4
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Epoque : fin du XIXe siècle ; cadre : quelque 20 000 kilomètres du réseau ferré américain ; acteurs : les hobos, ces vagabonds-voyageurs qui "brûlent le dur" (voyagent sans billet en train) ; héros : Jack-le-Matelot alias Jack London, que l'on serait tenté d’appeler Jack-le-Magnifique tant frappent le courage, le souffle, le cran de ce jeune homme d’à peine dix-huit ans.

N'allez pas croire, comme l'ont dit à tort certains de ses biographes, émoustillés par sa réussite ultérieure, que son statut de "hobo" résulte d’une enquête sociologique en immersion. La réalité est tout autre. Né dans une famille très pauvre, ne supportant pas de travailler sous le joug d’un patron, Jack London s’est jeté sur la route mu par un précoce démon du voyage, par refus aussi de "moisir sur place". Grand bien lui en a pris car sans cette expérience fondatrice, son nom et sa personnalité n’auraient sans doute jamais été révélés.

La force de l’ouvrage provient sans doute de cette personnalité éclatante qui intime le respect. Mélange de tendresse et de dureté presque cynique, elle est tour à tour agilité, astuces, talents en tous genres : toujours la même aisance à s'agripper à un train en marche, à se lier avec le principal caïd du pénitencier, à attendrir par ses récits de vieilles âmes compatissantes…

Au fil des pages, le lecteur découvre combien l’expérience de la route et de la mendicité permirent à l’auteur de vivre et d’apprendre son métier d'écrivain. Comprenant très vite que raconter une histoire était l’un des moyens les plus sûrs de ne pas mourir de faim, Jack London développa son sens inné du récit. Raconter certes mais aussi séduire, convaincre en scrutant la moindre réaction qui agite le visage de l’auditeur, afin d’infléchir le récit au gré des émotions suscitées. Car pour l’auteur, il en allait tout simplement de la survie. Ainsi gagna-t-il son pain, subjuguant deux demoiselles âgées à qui il apportait "le grand souffle du monde, chargé des odeurs saines de la sueur et de la lutte".

Le texte rebondit et bifurque sans cesse, sans qu’un instant Jack London ne lâche un lecteur qu’il guide très fermement, suivant son chemin d'auteur comme il arpente les rails de l'Union Pacific. Son récit est très habilement ordonné, en chapitres qui lui permettent d'aborder à chaque fois un aspect particulier de sa longue expérience de vagabond. Personnages, lieux et situations sont campés en quelques mots, percutants et précis. Des descriptions, de très nombreuses scènes d'action et dans le même temps sans qu'on y prenne garde - tant est grand son art de conteur - d'innombrables aperçus sociologiques, linguistiques, géographiques, économiques. Ainsi, les lois d'un pénitencier américain, les mille et une manières de voyager incognito à bord d'un train et leurs dangers (anticipation des plus folles cascades du futur cinéma), la façon de déjouer les pièges des "taureaux" (policiers)…

Ces pages ouvrent des abîmes. Par pur plaisir mais aussi pour découvrir tout ce dont est capable l’âme humaine, La Route vaut largement le détour. N’oublions pas aussi que cet ouvrage, étendard de la jeunesse contestataire pendant deux ou trois générations, eut une influence incontestable sur la littérature américaine. En atteste le célèbre Sur la route de Kerouac, pour ne citer que lui. Dans ce contexte, ce livre de London méritait bien qu’on lui rende son titre - La Route (The Road) - à la faveur d’une nouvelle traduction reléguant au second plan Les Vagabonds du rail, somme toute beaucoup moins emblématiques…


Florence Trocmé
( Mis en ligne le 09/03/2001 )
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