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L'envers du décor
Arthur Miller   Le Désarroi de M. Peters
Le Livre de Poche 2004 /  4.50 € - 29.48 ffr. / 154 pages
ISBN : 2-253-06769-5
FORMAT : 11 x 18 cm
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Si on ouvre le dictionnaire, on lit : «Désarroi : trouble et confusion de l'esprit. De l'ancien français "desarroyer" : mettre en désordre»... Exactement ce qu'a fait Arthur Miller, avec cette pièce en un acte témoignant de l'omnipotent désordre universel. Le Désarroi de M. Peters nous interroge, par les voies du théâtre de l'absurde, sur la pertinence de l'existence. Y a-t-il jamais eu un sujet à toute cette affaire ? La question tourmente gravement M. Peters. Assailli par des souvenirs que personne ne partage, il commence à douter de l'intelligence et de la réalité du monde qui l'entoure. La pièce prend acte dans une boîte de nuit partiellement en ruine, où s'amoncellent en désordre meubles et objets hétéroclites.

Outre M. Peters, six personnages occupent la scène. Mais que diable sont-ils venus faire dans cette affaire ? Eux-mêmes n'en savent rien, mais ils passent le temps, chacun à sa manière. Adèle est assise par terre, hermétique au monde extérieur. Le régisseur des lieux vante à qui veut l'entendre le charme inouï des toilettes des dames. Quant à l'envoûtante Cathy May, ses apparitions et disparitions sont celles d'un fantôme. Que font-ils réunis dans ce théâtre miteux ? Ils improvisent, ce qui forcément embarrasse Léo. Partagé entre deux obligations, son amie Rose, enceinte, et sa lessive, l'indécis Léo répète : «Je devrais peut-être y aller maintenant ? Oh et puis non je vais l'attendre.» La situation est banale. La situation est humaine. La vie se passe pour les uns à attendre et pour les sourds à dialoguer entre eux.

Le Désarroi de M. Peters est compréhensible. Les vivants ne décident pas grand-chose du scénario de leur existence. Ils font semblant, en échangeant des banalités. L’absence d'intrigue est révélatrice du caractère désabusé de son auteur. Tout ce beau monde fait semblant de savoir qu'il sait ce qu'il sait qu'il ignore, spectateur y compris. Car qu'y a-t-il à voir sur scène ? La seule inconnue réside dans la pièce du fond, aux toilettes des dames. Quand bien même leur lunette en acajou aurait gardé l'empreinte des millions de femmes s'y étant assises, le héros ne peut pourtant pas le constater lui-même, juste imaginer... Cette perspective offerte sur la profondeur de notre gouffre intérieur est inédite, ce dont il faut remercier Miller.


Pauline Lecuit
( Mis en ligne le 12/04/2004 )
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