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Bande dessinée  ->  Historique  
 

Aux grandes femmes, la patrie reconnaissante
José-Louis Bocquet    Catel   Olympe de Gouges
Casterman - Ecritures 2012 /  22 € - 144.1 ffr. / 488 pages
ISBN : 978-2-203-03177 -7
FORMAT : 17x24 cm
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Si la Révolution française fut incontestablement un moment libérateur, elle appelle toutefois un bilan nuancé, qui alterne les conquêtes politiques et la terreur, le vandalisme ou encore la persistance de certaines injustices. Le cas des femmes en particulier attire le regard, et notamment – incarnation de cette injustice tenace – le destin d’Olympe de Gouges, entrée dans l’Histoire avec sa déclaration des droits de la femme, mais qui eut le malheur de hausser du col au moment où les jacobins coupaient tous les cols qui leur déplaisaient. La révolution n’était pas affaire de femmes, pas plus que l’égalité tant chantée. Confrontée à ce déni de droits, Olympe de Gouge sut, jusqu’au bout, défendre une vraie universalité qui ne s’arrêtait pas à la culotte… Mais elle fut plus que la première des féministes et méritait de retrouver sa place au sein des gens de lettres et d’esprit : c’est l’objet de cette biographie dessinée.

Elle débute en 1748, à Montauban, dans une famille déjà singulière puisque Olympe – de son vraie nom Marie Gouze - est la fille bâtarde d’un aristocrate et dramaturge, Lefranc de Pompignan… mais ce dernier, partagé entre les exigences de son rang et les devoirs de la paternité, se contentera d’être un père et un amant aimable, faute d’en être un bon. La jeune femme se construit seule, au modèle de sa mère qui, faute d’épouser son amant, fait une fine bourgeoise. De cette liberté maternelle, Marie/Olympe retire un indéniable goût pour l’indépendance. Mal mariée, bientôt veuve mais toujours séduisante, c’est à Paris qu’elle fuit Montauban, sa société étriquée et la boucherie familiale, pour devenir femme de lettres. Car la belle Marie a aussi fait ses classes littéraires, en lisant Rousseau, l’abbé Prévost ou Erasme. Et à Paris, ses commensaux s’appellent Louis Sebastien Mercier, Bernardin de Saint Pierre, Choderlos de Laclos, Benjamin Franklin et Condorcet. Mais la carrière de femme de lettres est aussi rude que celle de veuve libertine, et Olympe doit se battre pour exister, être lue ou jouée au théâtre. Et la tourmente de sa vie personnelle se superpose à celle du Paris révolutionnaire. Car Olympe s’engage dans la révolution et y entraîne le lecteur, d’un épisode à l’autre, mais – girondine – elle ne la suit pas dans ses excès jacobins et s’offre même, au temps du procès de Louis XVI, comme avocate du roi déchu. Cette sollicitude, ainsi qu’une plume acérée et peut être inopportune (ou candide : était-il habile de critiquer Marat ou Robespierre au temps de leur gloire ?) la place en porte-à-faux avec la Terreur, qui lui fait payer cher la liberté de ton qu’elle s’était octroyée…

Le duo Catel et Bocquet s’était déjà fait connaître par un Kiki de Montparnasse très séduisant : les amateurs de ce premier album retrouveront ici le même graphisme gentiment réaliste, le même goût pour la grande histoire mêlée de petites histoires, le même sens de l’intrigue et du décor. Cet Olympe de Gouges, plus massif, est même encore plus réussi en ce qu’il restitue, avec toute la rigueur historique nécessaire, non seulement un destin mais également une atmosphère, une époque, un élan, celui de la Révolution. Discrètement, le scénario nous amène en effet à considérer cet ancien régime vieillissant, nous donne à voir les nouvelles idées cheminer dans l’opinion, via l’affaire Calas par exemple, nous promène dans les salons pour y croiser quelques philosophes et, de manifestations en proclamations, et nous entraîne dans la dynamique révolutionnaire, jusqu’à l’échafaud final. Olympe de Gouges se meut dans un tableau riche, dans un décor à la fois dense et accessible, et, au-delà de ses promenades dans Montauban ou dans Paris, au-delà de ses rencontres, de ses conversations ou de ses étreintes, elle entraîne le lecteur dans une fresque où le féminisme s’affirme. Un album réussi, qui passionnera les amateurs d’histoire de la révolution, et tous ceux qui s’intéressent à une figure importante de notre histoire.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 15/05/2012 )
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