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2,3 milliards de ventes en 1997 !
Jérôme Schmidt   Génération manga
J'ai lu - Librio Repères 2004 /  2.00 € - 13.1 ffr. / 91 pages
ISBN : 2-290-33315-8
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Depuis quelques années, la japanimation est en passe de devenir un véritable phénomène de société à travers le monde. Alors comment résumer en quelques pages seulement l’histoire du manga de ses débuts dans les années 20 à nos jours ? Comment en retracer les grands courants sans tomber dans un catalogue rébarbatif accessible aux seuls initiés ? C’est là le défi que relève Jérôme Schmidt, avec une certaine aisance, d’ailleurs. Le postulat est posé d’entrée de jeu : la déferlante manga des années 80, via notamment la société AB Production (Club Dorothée, Hélène et les Garçons), repose sur un malentendu qui a noirci l’image de ce genre pour des années aux yeux du grand public français. Or ce défaut d’appréciation repose essentiellement sur deux phénomènes. Tout d’abord, la diffusion à des heures de grande écoute, dans des émissions pour enfants, d’animations destinées à de jeunes adultes, dans lesquelles sexe et violence sont omniprésents. Erreur de cible qui ne manquera pas de semer la confusion dans les esprits et d’attribuer une réputation sulfureuse à ce genre d’animation… Ensuite, la dénaturation des œuvres par une traduction et des coupes bâclées explique largement l’incompréhension à laquelle s’est heurté la japanimation. L’auteur nous propose donc de démystifier le manga et nous offre quelques clefs afin de mieux l’appréhender.

L’ouvrage débute par un historique clair et précis qui replace le manga dans la société japonaise d’après-guerre, ère porteuse d’un nouvel espoir entretenu par le boom économique de ces années de reconstruction. Hélas, le rêve tourne peu à peu au vinaigre dans ce Japon récemment industrialisé, où l’univers concentrationnaire du monde de l’entreprise et la toute-puissance de la société de consommation aliènent insidieusement la jeunesse du pays. Le manga, véritable miroir de tout un peuple, s’engage alors sur des pentes plus contestataires, révélant au grand jour les peurs larvées et les travers de ce Japon renaissant de ses cendres.

Dans un deuxième temps sont abordés les thèmes récurrents de l’animation japonaise, ainsi que l’ampleur du phénomène en France. Les termes de shojo, shonen, kawaïï et otaku n’auront alors plus de secret pour vous. Chaque mot est expliqué et un petit abécédaire très bien fait en fin de volume permet au lecteur de décrypter sans difficulté cet univers parfois complexe. Une analyse lucide et critique est proposée sans jamais tomber dans le dénigrement ni la subjectivité. Quelques grandes figures sont présentées de façon succincte : on regrettera seulement que seule Mizuno soit citée dans les mangaka femmes, et l’impasse faite sur Ryoko Ikeda à qui seulement trois lignes sont consacrées. Enfin, quelques séries phares sont exposées : le bon y côtoie le moins bon, le connu, le moins connu et c’est un panel assez représentatif qui nous est finalement proposé, malgré certains choix pour le moins étonnants. Mais la tâche était difficile et la démarche a le mérite d’une certaine honnêteté intellectuelle. Notons une petite erreur tout de même : Nikky Larson (City Hunter) n’a pas de sœur, mais une coéquipière.

Enfin, la couverture est un paradoxe à elle toute seule, avec le choix d’une illustration qui fait inévitablement penser à et stigmatise ainsi les clichés dont souffre le manga en France. Dommage, alors que l’auteur s’efforce justement de les démonter un à un dans cet état des lieux efficace et très instructif.


Océane Brunet
( Mis en ligne le 27/03/2004 )
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