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De guerre lasse
Piero Macola   Aller simple
Vertige Graphic Coconino Press - Offissa Pupp 2005 /  18 € - 117.9 ffr. / 112 pages
ISBN : 2-84999-012-4
FORMAT : 21,5 x 29 cm
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La nouvelle collection « Offissa Pupp » (on se souvient du chien de Krazy Kat) a pour vocation de publier des récits inédits en grand format et bichromie, et révéler ainsi des auteurs encore peu connus en France. Si Aller simple ne semble pas tenir toutes les promesses que l’on pouvait en attendre, il n’en reste pas moins un premier album très réussi et d’une grande profondeur. Une histoire forte et poignante sur fond d’une guerre qui s’enlise et bouleverse toutes les vies.

Giorgio a abandonné ses études de droit depuis un an pour remplir son devoir de lieutenant de l’armée italienne. Nous sommes en 1943, le front sicilien est en pleine effervescence, les Alliés ont débarqué et pressent de plus en plus les forces italiennes et allemandes. Pour elles, la défaite est proche, tout le monde le pressent, mais pourtant il faut continuer à se battre et résister. Avant de rejoindre le champ de bataille, Giorgio écrit dans le journal qu’il tient régulièrement : «Je n’ai jamais cru à cette guerre qui d’ailleurs est déjà perdue.» Et voilà le jeune homme malgré tout embarqué dans ce conflit, en quête de quelque expérience qui pourrait le «changer pour toujours». Forcément, il ne croit pas si bien dire, et la suite de son récit qui le mènera au cœur des hostilités, le poussera à remettre en question ses valeurs et ses idées. Aux commandes d’une armée en pleine débandade, les questions de désertion, de combat jusqu’à la mort et de patriotisme se bousculent dans la tête de Giorgio, et son retour parmi les siens aura toujours un goût amer : quelque chose de lui est définitivement resté là-bas, enterré sous les décombres.

Adapté du récit Sicilia 1943 de Giorgio Chiesura, Aller simple est un nouveau témoignage sur l’absurdité de la guerre, la violence dévastatrice qui en découle et qui ne laisse personne intact, et surtout l’appartenance à un camp et le changement d’ennemi au gré des décisions politiques venues d’en haut. Devant la défaite imminente, les officiers fuient et se cachent laissant les soldats seuls aux premières loges explosives. La débâcle est générale et pourtant certains continuent de se battre plutôt que de se rendre. Loin du front, dans un cinéma, les actualités font l’éloge du courage des soldats et de leurs techniques de combat particulièrement efficaces. La réalité sur le terrain est toute autre : l’attente ennuyeuse succède aux bombardements anarchiques, la peur et la panique suivent les moments de détente et de rêverie. Plus tard, avec l’armistice demandé par les Italiens, c’est l’armée allemande occupant le pays qui devient l’opposant direct. Retournement de situation brutal et absurde dans lequel Giorgio ne veut pas tomber, quitte à finir sa vie dans un camp…

Si le dessin de Piero Macola laisse encore apercevoir quelque maladresse, notamment dans une certaine hésitation du style oscillant entre caricature et réalisme minimaliste, son sens de la narration est tout à fait à la hauteur de ce récit autobiographique. Les dernières planches notamment sont d’une grande richesse et très pertinentes. Elles rendent compte avec précision et sensibilité des doutes et questions du jeune soldat en quête d’une tranquillité impossible à retrouver. La bichromie parfaitement utilisée (apposée sur un épais papier de qualité) apporte de plus de beaux moments : contrastes entre ces scènes de guerre violentes et sombres traitées avec une ligne épaisse et volontairement sale, et ces instants où le temps semble s’arrêter, comme un songe, ou juste le passage tranquille d’un paysan sur le champ de bataille à la tombée du jour. C’est dans ces moments de creux que Macola reste le plus convaincant, distillant ainsi une poésie émouvante au sein d’un récit de guerre impitoyable.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 19/11/2005 )
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