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Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Papier glacé…
Philippe Foerster   Le Confesseur sauvage
Glénat - 1000 feuilles 2015 /  22 € - 144.1 ffr. / 104 pages
ISBN : 978-2723497893
FORMAT : 28,8x21 cm
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Tchernobourg, riante cité : joyeusement éclairée par un magnifique champignon atomique, la ville est désormais hantée par tout ce que l’atome peut faire naître. Il y a là des esprits morts qui hantent ouvertement la ville et ses bâtiments, des mutants, dont l’atome a bouleversé (et souvent ruiné) la vie, et les autres, ceux qui se sont adaptés, ont survécu et se contentent de mener leur train-train quotidien.

Un décor étranger, baroque, une ville taillée dans le tissu dont on fait les cauchemars… et au milieu, un type un peu bizarre, le père Irradieu (tout un programme) moitié homme, moitié poulpe (les hasards de l’atome) et qui, avec ses tentacules, a hérité d’un don un peu particulier, celui de faire parler les gens, de les amener à se confier rien qu’en les effleurant de ses tentacules. Dont acte.

Installé dans une église (dédiée à saint Cthulhu…) désaffectée, le voilà confesseur improvisé, mais un confesseur sauvage, qui traque ses ouailles dans les rues. Car il y a de quoi faire : un homme dont les mains agiles sont devenues des araignées voraces, indépendantes et agressives (ce qui peut être un atout avant de devenir un handicap), une mère aimante qui tente de protéger sa fille – une immense limace – de la cruauté des hommes, un enfant aux colères explosives, un colosse mangeur de morts (gare aux indigestions), etc. Le confesseur sauvage, c’est aussi le psychiatre des monstres, qui ont bien le droit d’être malheureux, eux aussi.

Foerster, depuis longtemps, trace un sillon singulier, glaçant et subtil dans la bande dessinée : un fantastique sombre, grinçant, teinté d’absurde… un Lovecraft à pinceaux, croisé avec Topor. Le style est connu, qui joue sur des représentations oniriques (avec des villes démesurées aux architectures pas très euclidiennes) et le noir et blanc. Et là-dedans, une humanité désespérée et désespérante, avec ses monstres, ses difformes, ses yeux vides ou trop grands, ses crânes improbables, ses corps flasques… un petit monde de freaks qui se débat (souvent en vain) contre la malchance, l’injustice ou juste ce terrible «ange du bizarre» qui les assaille.

Album après album, on ne peut qu’être impressionné par cet immense auteur, le genre talentueux et discret, dont les visions vous hantent durablement. Et ce nouvel album ne déroge pas à la règle. Un grand cru, comme toujours, pour les amateurs d’humour très noir, les nostalgiques de Kafka et de Lovecraft, les trop optimistes, les béats et plus largement tous ceux qui pensent avoir tout vu dans le fantastique : il est temps d’errer avec un maître comme Foerster, afin de réalimenter la machine à cauchemars.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 25/03/2015 )
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