L'actualité du livre Lundi 15 avril 2024
  
 
     
Le Livre
Bande dessinée  ->  
Comics
Manga
Historique
Réaliste
Fantastique
Science-fiction
Policier - Thriller
Aventure
Humour
Adaptation
Jeunesse
Les grands classiques
Chroniques - Autobiographie
Revues, essais & documents
Entretiens
Illustrations, graphisme et dessins d’humour
Autre

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Les rêves éveillés
Thierry Smolderen   Jean-Philippe Bramanti   McCay (tome 3) - Le Gardien de l'aube
Delcourt 2003 /  14.95 € - 97.92 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-84055-851-3
FORMAT : 24 x 32 cm
Imprimer

Troisième et avant-dernier tome de la série McCay, "Le Gardien de l’aube" confirme la grande qualité de cette biographie fantaisiste d’un des tout premiers maîtres de la bande dessinée. Si la deuxième partie couvrait une période de presque quinze ans, ce troisième épisode se déroule cette fois sur une seule nuit. Une longue nuit qui sera loin d’être de tout repos pour Winsor McCay, le "dessinateur de rêves".

À la suite de la mort du professeur Hinton, McCay, au sommet de la gloire, fait la rencontre de la belle-sœur de la victime, Alicia. Celle-ci lui rappelle cet étrange moment, vingt ans plus tôt, où la vie de McCay a basculé. Cette fameuse nuit, où le dessinateur faisait pour la première fois la "rencontre" du petit Nemo et de son royaume enchanté, du côté de la quatrième dimension. Soupçonné du meurtre de Hinton, McCay se voit finalement confronté à Sam Walenzi, l’ami bonimenteur d’autrefois, interné dans un centre psychiatrique.

Épisode nocturne, "Le Gardien de l’aube" est plus particulièrement marqué par le sceau du cauchemar. Ainsi, c’est un long rêve dans un inquiétant Slumberland mettant en scène McCay et un Nemo sans visage qui est au centre de cet opus. Le graphisme de Jean-Philippe Bramanti est de plus en plus efficace et maîtrisé. Ses dessins audacieux et jetés sur la feuille tels des croquis miraculeusement griffonnés en couleur, apportent à l’album une patte singulière et continuent d’imposer cette impression de film muet tremblotant et abîmé par le temps. Cette longue nuit est parfaitement retranscrite par des effets d’ombre et de lumière particulièrement évocateurs. De même, la séquence de l’hôpital restera par son ambiance gothique et angoissante à souhait comme l’un des moments forts de la série.

Avec ce troisième tome, McCay penche encore un peu plus du côté de la fiction et du fantastique que de la biographie précise et réaliste. Les sources sont nombreuses et détaillées (les fameuses séances de dessin dans les théâtres au début de l’album) et le dessinateur de génie continue de croiser le chemin de célébrités telles ici Houdini, mais l’aspect historique est finalement vite balayé par une intrigue de plus en plus passionnante et définitivement tournée vers le surnaturel. Loin de se cantonner à la plate transcription d’une vie, Smolderen et Bramanti mettent en scène un récit singulier où le pionnier de la bande dessinée moderne se voit promu héros, comme un dernier hommage rendu au père de Little Nemo. L’exceptionnelle faculté qu’avait McCay pour maîtriser la troisième dimension sur ses feuilles plates et blanches se voit ici utilisée comme un tremplin vers cette intrigue mystérieuse et pleine de suspense autour de la quatrième dimension, là où l’esprit humain vacille. La genèse et l’émergence d’une des plus belles œuvres du neuvième art est dès lors mise en scène avec intelligence et beaucoup de respect. À l’instar de ses personnages de papier, Winsor McCay est devenu un rêveur perpétuel, en constant décalage –marque du génie- par rapport aux autres.

Série atypique, McCay continue d’étonner tant par son atmosphère onirique et envoûtante que par son histoire originale et haletante. Comme les deux premiers volumes de la série, "Le Gardien de l’aube" contient de plus un texte de Smolderen sur le travail de Winsor McCay et plus précisément sur son rapport aux rêves.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 06/10/2003 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • McCay, tome 1
       de Thierry Smolderen , Jean-Philippe Bramanti
  • Un entretien avec Thierry Smolderen et Jean-Philippe Bramanti
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2024
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd