L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Mardi 24 mai 2022
  
 
     
Le Livre
Bande dessinée  ->  
Comics
Manga
Historique
Réaliste
Fantastique
Science-fiction
Policier - Thriller
Aventure
Humour
Adaptation
Jeunesse
Les grands classiques
Chroniques - Autobiographie
Revues, essais & documents
Entretiens
Illustrations, graphisme et dessins d’humour
Autre

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

La piste aux étoiles
Frederik Peeters   Lupus (volume 2)
Atrabile - bile blanche 2004 /  17 € - 111.35 ffr. / 96 pages
ISBN : 2-940329-10-9
FORMAT : 22 x 29 cm
Imprimer

Il y a un an à peine, on avait laissé Lupus et la jeune Sanaa en fuite dans l’espace vers une destination inconnue. La mort tragique de Tony, le meilleur ami de Lupus, et de ce mystérieux émissaire chargé de ramener Sanaa vers le bercail familial, plongeait le récit dans une incertitude totale et mettait brutalement fin à une insolite virée galactique. Par la même occasion, Frederik Peeters confirmait, après Pilules bleues, un talent unique pour raconter et mettre en scène ses histoires et signait l’un des meilleurs albums de l’année, original et étonnant.

Dans ce deuxième tome, le couple de fuyards va trouver refuge sur une lointaine planète, Necros, sorte de gigantesque maison de retraite où les personnes âgées peuvent finir leurs jours. Il s’agit juste de se méfier de ces "faux-vieux" qui n’attendent que le premier touriste crédule qu’ils pourront détrousser. Après avoir échappé à l’un de ces voyous du troisième âge, Lupus et Sanaa vont finir leur séjour au vert, loin de tout, dans une communauté attachante d’anarchistes sur le retour et de joyeux asociaux.

Comme dans le premier volet de la série, Peeters brouille les pistes et conduit le lecteur vers des voies inédites. Ce qui commençait comme une sorte de comédie noire mâtinée de grande aventure, devient rapidement encore autre chose ; le rythme se ralentit et le temps qui passe devient acteur à part entière. L’ambiance japonisante que Peeters confère à son village y est sans doute pour quelque chose : tout d’un coup, après avoir été promené dans un Disneyland pour grabataires, c’est vers un décor de film d’Ozu que l’on semble tomber. Peeters excelle alors à montrer par petites touches et courtes scènes, la vie dans ce village insolite et plein de charme. Le jeune auteur multiplie les moments de silence et relate soigneusement la routine qui semble s’installer jusqu’au rebondissement final. Un coup de théâtre qui, une fois de plus, prendra le lecteur en otage.

Vraie-fausse oeuvre de science-fiction, comme pouvait l’être le Solaris de Tarkovski, Lupus prend pour décor l’espace infini et ses multiples planètes comme pour paradoxalement mieux montrer l’isolement entre les êtres et leur incapacité à communiquer. Malgré toutes les conquêtes et autres avancées technologiques, l’homme restera comme il est, rempli de violence et de contradictions, de doutes et de tristesse. Lupus, sorte de Corto Maltese revenu tout juste de Woodstock, promène sa silhouette dégingandée et son mal-être profond. Seul face à l’univers, la solitude semble on ne peut plus grande. L’apparente légèreté de la série se fissure ici encore un peu plus et laisse présager des moments d’intense émotion.

Le dessin de Peeters reste toujours aussi virtuose et le trait, impressionnant de sûreté. Le style remarquable du jeune auteur suisse semble ne connaître aucune limite, et l’ensemble reste d’une cohésion remarquable. Ce qui, au premier coup d’œil, peut paraître trop chargé et brouillon, révèle tout au contraire vite une précision remarquable et un sens du détail qui n’admet aucune confusion. Derrière ces hachures et ces taches, c’est toute la vérité d’une émotion qui transparaît. Peeters devient alors directeur d’acteur. Il joue avec les expressions de ses personnages à la perfection : coup d’œil en coin, sourire moqueur, doute, crainte… Tout le panel des émotions humaines est ici étalé, avec une justesse étonnante. C’est dans ces vignettes où rien n’est dit, dans ces blancs et ces absences que se joue finalement toute l’intrigue de Lupus.

Avec ce deuxième tome d’une série qui en comptera au moins quatre, Frederik Peeters confirme si besoin était son statut d’auteur marquant et talentueux. L’originalité de Lupus et son brillant traitement ne peuvent que conquérir le lecteur en quête d’une bande dessinée à la fois divertissante et intense, où toutes les aventures se donnent rendez-vous.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 14/01/2004 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Pilules Bleues
       de Frederik Peeters
  • Koma (tome 1)
       de Pierre Wazem , Frederik Peeters
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2022
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd