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Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Le retour du héros aux cornes sciées
Mike Mignola   Hellboy (tome 1) - Les germes de la destruction
Delcourt 2004 /  13.95 € - 91.37 ffr. / 128 pages
ISBN : 2-84055-750-9
FORMAT : 18 x 27 cm
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Profitant de la sortie du film Hellboy, les éditions Delcourt replacent sur les têtes de gondole les premières aventures du rouge héros aux cornes sciées - estampillé pour l’occasion du sticker mensonger "La BD du film", l’album n’étant pas une novélisation quelconque mais bel et bien la réédition des épisodes originaux de 1994. Voici donc la porte d’entrée idéale pour découvrir le passionnant et atypique univers de Mike Mignola, l’un des plus grands auteurs de comics de ces dernières années.

Mignola a vingt ans lorsqu’il intègre, au début des années quatre-vingts, la grande usine à super-héros qu’est Marvel. D’abord encreur, il passe ensuite aux illustrations de couverture pour finalement quitter le studio et travailler à part entière sur diverses séries. Wolverine, Batman ou Swamp Thing sont quelques-uns des personnages sur lesquels Mignola œuvrera avec talent. Après une superbe adaptation du Dracula de Coppola, il crée finalement le personnage de Hellboy, héros immédiatement culte aux USA et qui assurera à son créateur une renommée internationale.

Né une terrible nuit de 1944, suite à l’invocation démoniaque d’un sorcier fou du troisième Reich, Hellboy est ensuite enrôlé par les Américains du BDRP (Bureau de la Défense et de la Recherche Paranormale) et devient super-détective envoyé aux quatre coins du globe pour élucider des X-files particulièrement sensibles. Accompagné de Abe Sapien, mi-homme mi-reptile, et de Liz Sherman, capable de contrôler le feu, Hellboy parcourt le monde et se frotte aux mythes et aux folklores de tous horizons.

Lovecraft et Jack Kirby sont les parrains de Hellboy. Mignola leur dédie cet épisode inaugural, et leurs ombres planent constamment dans ces pages. De l’écrivain de Providence, Mignola a récupéré le goût pour les cosmogonies démentielles, les grands mythes oubliés et les monstrueuses créatures sorties des plus obscures profondeurs. Et c’est du créateur des Fantastic Four et des New Gods que Mignola s’inspire pour mettre en scène ces combats titanesques entre de puissants adversaires issus de lointains univers.

Hellboy prend des chemins sensiblement différents de la production mainstream de l’époque. Si les affreux méchants et les héros s’affrontent toujours à longueur d’épisodes, c’est toute une ambiance sombre et horrifique qui est malicieusement mise en place ici. Ni côte Ouest, ni Manhattan, mais des coins reculés du monde, des grottes enfouies, des maisons Usher et de hauts plateaux enneigés servent de décors à toutes sortes d’étranges événements. Si les intrigues de Mike Mignola ne risquent pas de donner la migraine à Alan Moore, elles sont toutefois toujours d’une redoutable efficacité et ne s’embarrassent pas de digressions inutiles. L’humour placide du Hellboy fait souvent mouche et les péripéties sont menées avec une mise en scène si dynamique qu’elles sont forcément passionnantes.

Mais c’est graphiquement que Mignola reste le plus ambitieux. Loin des précieux corps super-bodybuildés et des couleurs Photoshop outrancières des suiveurs de Jim Lee ou de Rob Liefeld, Mignola travaille ses pages en véritable artisan du dessin, à l’ancienne. C’est dans le noir le plus profond qu’il fait émerger les formes. Les masses, anguleuses et précises, se détachent dans un stylisme marquant et original. Cherchant avant tout l’efficacité du trait, Mignola joue de l’épure et du minimalisme avec audace. Les couleurs, limitées mais franches, puisent leur force dans une confrontation épique avec les ombres omniprésentes. Cette simplification graphique, marque de fabrique de l’auteur, liée à une mise en pages dynamique et inventive, font de Hellboy une série incontournable.

De la grande bande dessinée d’un artiste à part entière donc, belle, divertissante et remarquablement racontée.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 24/07/2004 )
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