L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 9 avril 2020
  
 
     
Le Livre
Bande dessinée  ->  
Comics
Manga
Historique
Réaliste
Fantastique
Science-fiction
Policier - Thriller
Aventure
Humour
Adaptation
Jeunesse
Les grands classiques
Chroniques - Autobiographie
Revues, essais & documents
Entretiens
Illustrations, graphisme et dessins d’humour
Autre

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Des elfes à Central Park
Fabrice Colin   Elvire de Cock   Tir Nan Og (tome 1) - L'Exode
Les Humanoïdes associés 2006 /  10 € - 65.5 ffr. / 48 pages
ISBN : 2 7316 1783 7
FORMAT : 24 x 32 cm
Imprimer

Tout commence dans l’Irlande du milieu du XIXe siècle, celle de la famine et des landlords impitoyables… conséquences : les Irlandais fuient, souvent vers l’Amérique, le Nouveau Monde et ses espérances. Mais on voit également fuir dans de drôles de carrosses les peuples féeriques : elfes, nains… protecteurs traditionnels des peuples irlandais, chassés par le déclin de la magie. L’histoire reprend en 1899, dans le sud de Manhattan : Stephen et sa bande de gamins en haillons, abandonnés depuis longtemps, survivent dans les bas-fonds en montant de petites arnaques et autres vols à l’arrachée. Il s’agit de manger, se protéger de la police et des gangs en attendant le lendemain.

Mais lors d’une expédition dans les entrailles de la ville, Stephen tombe sur une carte magique, qui indique les portes d’un autre royaume, plus ancien, celui de Tir Nan Og, refuge légendaire des elfes. C’est un engrenage d’autant plus dangereux qu’il y a de la magie dans l’air… Dans la foulée, il est capturé par les Teknées (sorte d’elfes noirs, pour les amateurs du genre), serviteurs de la technologie et adversaires des peuples féeriques, et se trouve de la sorte entraîné dans un conflit qui le dépasse, celui de la science et de la magie, du peuple des Fées et de celui des machines… Stephen va devoir faire face à des vérités dérangeantes, sur la vraie nature du monde, et sur ses propres origines. Bienvenue dans la quatrième dimension ?

Dans l’imaginaire fantastique, le peuple des elfes est souvent perçu comme une forme plus réussie de l’humanité : plus habiles, plus sensibles, plus subtils, quasi éternels… mais voilà, si on les imagine assez bien dans les décors du Seigneur des anneaux, on a à priori plus de mal à les situer dans le New York du XIXe siècle, de Five Points (la cour des miracles de Gangs of New York) et de la révolution industrielle. Et pourtant : Fabrice Colin et Elvire de Cock font la démonstration que les elfes sont aussi à l’aise dans le XIXe siècle de la machine à vapeur que dans les vertes forêts de la terre du milieu. La grande trouvaille, c’est de placer Tir Nan Og, refuge traditionnel des elfes, dans le New York du XIXe siècle, ce qui donne à ce récit fantastique une couleur « steampunk » assez rare dans l’univers de la BD.

Fabrice Colin n’est certes pas un amateur, et c’est avec une longue expérience du roman fantastique et steampunk (dans la foulée, lisez Confessions d’un mangeur d’opium) qu’il s’attaque désormais à un genre neuf, le scénario de BD… pari tenu, semble-t-il : plantant tranquillement et méticuleusement le décor, il sait mettre en place un récit construit autour de personnages encore mystérieux (Stephen en petit voyou sympathique et son mentor elfe, maître Murwick) et d’une guerre dont on devine à peine les tenants et les aboutissants, le lecteur se retrouvant généralement dans la peau de Stephen qui ne comprend pas trop ce qui lui arrive. Quant au graphisme d’Elvire de Cock, il développe avec bonheur les représentations classiques des elfes (finesse des traits, oreilles pointues, couleurs chatoyantes et motifs celtiques) et du Manhattan du début du XXe siècle. Rappelant par sa facture, à la fois fantastique, onirique et assez réaliste, le style de Claire Wendling, il sait donner à la métropole américaine des allures fantastiques (comme avec cette taverne elfique cachée dans un recoin de la réalité).

Le résultat est incontestablement séduisant, « merveilleux, inquiétant, incompréhensible » (p.42), servi notamment par une belle mise en couleurs qui sait jouer de l’ombre et des profondeurs. Le lecteur, appâté par ce mystère qui se dévoile insidieusement, ne peut qu’attendre la suite... avec impatience.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 31/05/2006 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd