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Bande dessinée  ->  Science-fiction  
 

L'avenir de la télé-réalité
Jean-David Morvan   Francis Porcel   Reality show (tome 2) - Direct Live
Dargaud 2004 /  12.60 € - 82.53 ffr. / 48 pages
ISBN : 2871295670
FORMAT : 24 x 32 cm
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Vous pensiez avoir touché le fond du racolage médiatique avec la télé-réalité des années 2003-2004 ? La série Reality show vient heureusement nous convaincre du contraire. Imaginez une société future où même la police fait partie de la grille des programmes, où la justice doit apprendre à se conjuguer avec les exigences de l’audimat. C’est ce monde-là qui se régale chaque jour des aventures de Médiacop, une émission dans laquelle une équipe d’enquêteurs, Oshii et Norman Barron, dotés de caméras robots, pourchasse les criminels de Barcelone aux heures de grande écoute (les autres policiers se contentent des miettes et autres chiens écrasés). Pour compliquer le travail de nos policiers médiatiques et pour le plus grand plaisir des téléspectateurs, un serial killer opère dans la ville, qui semble à la fois audacieux et quasi invulnérable. Sa méthode même est assez télévisuelle, puisqu’il dépèce ses victimes et leur enlève la colonne vertébrale (Le Predator deuxième génération –encore une star – pratiquait le même rituel…). On ne saurait rêver meilleur adversaire, mais quel est-il exactement : homme ou machine ? A la fois victime potentielle et spectateur morbide, le public en redemande.

Les séries scénarisées par Jean-David Morvan se suivent et se ressemblent : la qualité est au rendez-vous, ainsi que les références à la science-fiction. Ici, d’Isaac Asimov (Les robots) à Norman Spinrad (Jack Barron et l’éternité), Morvan puise dans une culture classique de la SF pour en tirer une histoire qui mêle habilement préoccupations classiques (les lois de la robotique et leurs limites, les dangers d’une intelligence artificielle) et contemporaines (la «société du spectacle» et ses dérives). En outre, en déplaçant constamment son objectif entre les différents protagonistes (principalement Oshii l’enquêtrice, le père Amansar et le tueur mystérieux), il offre au lecteur divers points de vue sur une même histoire, divers éclairages qui font que le monstre n’est pas forcément fou (il agit en tous les cas selon une logique originale), que les vedettes ne sont pas si satisfaites de leur statut, et que la frontière entre le bien et le mal n’est pas si claire. Le graphisme est d’ailleurs à la hauteur des ambitions du scénario et, là encore, on croit discerner une inspiration, cinéphilique cette fois : le tueur semble sorti tout droit d’une adaptation gore d’Edward aux mains d’argent, l’un des chefs-d’oeuvre de Tim Burton. La mise en scène est particulièrement soignée et les cadrages sont parfois fort originaux (notamment les scènes se passant dans la cathédrale). On regrettera toutefois que – sans doute par économie de place – les images sont souvent trop réduites. Mais cela ne nuance pas le plaisir qu’il y a à lire cet album.

Au final, il s’agit donc d’un album ambitieux, qui maintient le suspense élaboré dans le premier tome : Norman et Oshii vont-ils tomber dans les bras l’un de l’autre ? Parviendront-ils à stopper le monstre, voire à le comprendre ? Le tueur est manifestement une énigme et ne se laisse pas enfermer dans le stéréotype du serial killer fou. Personnage intrigant, il ne peut qu’attiser la curiosité du lecteur, finalement placé dans la même situation d’attente que les téléspectateurs de Médiacop : la société du spectacle s’insinue jusque dans la BD !


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 18/05/2004 )
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