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Bande dessinée  ->  Science-fiction  
 

Une louche de finesse !
Jerry Frissen   Guy Davis   Les zombies qui ont mangé le monde (tome 3) - Popypop ne répond plus
Les Humanoïdes associés 2006 /  10 € - 65.5 ffr. / 48 pages
ISBN : 2731617748
FORMAT : 23 x 30 cm
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Amateurs de poésie subtile, de drame classique et d’esthétique romantique, passez votre chemin : Frissen et Davis ne sont pas des auteurs fins et déliés, ils font plutôt dans le lourd, l’humour charnu, plantureux, le genre qui secoue les côtes. Qu’on en juge : depuis maintenant trois albums, on sait que l’avenir de l’humanité passera incessamment par une cohabitation avec ses ancêtres, zombifiés du fait d’une pollution aux effets inattendus. L’un des acquis de la série Les Zombies qui ont mangé le monde, c’est bien cette vision délirante de l’année 2064, un futur bordélique où les morts sont devenus une race à part entière à la fois tolérée et méprisée des vivants, qui au mieux s’en isolent, et au pire, la chahutent (délicat euphémisme : étant donné qu’on ne peut tuer ni faire souffrir ce qui est déjà mort, certains se lâchent…). Dans ce futur qui sent un peu la charogne, le lecteur partage le destin – médiocre, mais riche en mésaventures – de trois anti-héros, Karl (l’intello du groupe, ce qui est un programme en soi : boutonneux, malingre, lunettes et amoureux d’une zombie), Maggie et Freddy Merckx (la belle et la bête) ayant monté à Los Angeles une petite entreprise (qui de fait ne connaît pas la crise) spécialisée dans la disparition des zombies gênants.

Ce troisième album s’avère un peu différent des précédents, tout d’abord parce qu’il se compose d’un seul récit (et non plus de sketchs), également parce qu’il fait intervenir des guest stars et pas des minces : George W Bush en personne, mais aussi le Christ revenu de nouveau d’entre les morts (du moins son zombie). Et enfin parce que, nouveauté, on découvre des zombies teigneux et peu enclins à servir de défouloir aux vivants. Il y aura donc de la castagne, mais on pourrait remarquer que c’est l’une des marques de fabrique de la série. Bref, un autre futur est possible, encore plus cataclysmique et plus délirant que les précédents. Le lecteur sensible à l’art contemporain (voire futur) et aux happenings divers découvrira l’utilisation originale de zombies (mode, accessoire sado-maso, gadgets divers), ainsi que leurs ultime fantasme (qui a trait à la peau des fesses des vivants…). Quant aux fans d’Eddy Merckx et de ses amis, ils pourront faire leur entrée dans une confrérie sympathique, celle des Belges en exil (via deux princes belges aux allures de mastards et gentiment nommés Gengis et Caligula). Tout cela pour partir en quête d’un zombie apparu dans le premier album, Popypop, disparu depuis et qui fait son retour comme pièce de musée, une quête qui devient une fois de plus le prétexte à une exploration de cette société en pleine décadence, joyeusement anarchique.

Il y a toutefois des choses qui ne changent pas dans cette excellente série : c’est d’une part le sentiment de loufoquerie, d’humour politiquement très incorrect que le scénario de Frissen distille avec allégresse et profusion. Au rythme des baffes de Mr Merckx, le lecteur progresse dans une histoire où l’on se demande toujours ce que les auteurs pourraient imaginer de pire. Quant au graphisme de Davis, maintenant bien rodé, il donne à ce monde de plus en plus bordélique un cachet inimitable, comme une odeur de fin du monde : les caricatures sont efficaces (excepté Bush, peu reconnaissable hélas) et les héros sont désormais bien campés, bien identifiés, quasi sympathiques. Bref, un nouveau volume à l’image des précédents pour une série vraiment originale et qui a encore bien des histoires à raconter.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 04/02/2006 )
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