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Bande dessinée  ->  Science-fiction  
 

Une peinture du futur
Nathalie Ferlut    Yoann   Ether Glister (tome 1) - Catharzie
Delcourt - Neopolis 2000 /  12.06 € - 78.99 ffr. / 46 pages
ISBN : 2-84055-291-4
FORMAT : 24 X 32
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La planète Catharzie fut jadis colonisée par la Terre : mais les hommes y exportèrent aussi leurs inévitables tares et une longue guerre ravagea la planète. Le conflit en s’achevant la divisa en deux territoires. Mais sur Catharzie, comme sur Mino, l’emploi d’armes chimiques a rendu l’air irrespirable : pour respirer, les habitants ont besoin d’avaler quotidiennement un antidote appelé l’anti-P. Ce remède est devenu un moyen important de financement pour les autorités : c’est sans doute pour cela qu’elles accueillent avec scepticisme la découverte d’un gaz qui rendrait à nouveau l’air respirable.

Pour faire la démonstration de l’efficacité de sa trouvaille, le professeur Glister a dépêché sa femme auprès du ministre Barranco, en présence du sénateur envoyé par les Terriens pour les cérémonies de la paix. Mais Ether Glister est victime d’un coup monté du gouvernement, qui n’hésite pas à sacrifier l’un des siens : arrêtée pour l’assassinat du ministre, elle s’évade en prenant en otage l’officier La Corneille, chargé de sa protection. Dès lors, s’engage une course poursuite entre Ether et l’armée de Catharzie pour récupérer l’échantillon du précieux gaz.

Les auteurs ont puisé dans l’imaginaire fertile de la science-fiction et des space opéras pour construire une saga futuriste où l’on retrouve beaucoup de thèmes déjà familiers : la colonisation de l’espace, la guerre galactique, la mainmise de l’Etat sur la production de biens indispensables à la population, la cohabitation entre les hommes et des créatures extra-terrestres. L’originalité de la série ne réside donc pas dans ce scénario qui, pourtant bien ficelé, ne renouvelle pas véritablement le genre : en revanche, l’atmosphère installée par le graphisme envoûte littéralement le lecteur dès les premières pages.

A la fois franchement réaliste et porteur d’une émouvante poésie, le dessin porte sur ses épaules tout l’intérêt de l’album. Comme découpés au cutter, les personnages ont des traits géométriques qui les rendent inquiétants, mais aussi fascinants. Leurs attitudes et leurs postures, étudiées au détail près, donnent vie à des héros de papier qui sont autant de personnalités marquées : la fidélité bornée du Capitan Amarvi à ses supérieurs, le loyalisme naïf et timide de La Corneille, le machiavélisme du Gouverneur, et, bien sûr, la persévérance d’Ether.

Le trait de Yoann évoque davantage le pinceau des peintres que les feutres habituels des dessinateurs : chacune de ces vignettes est une carte postale dont le style est proche de celui des affiches de l’entre-deux guerres. Mises bout à bout, elles forment un film saccadé où le lecteur retrouve les influences de Caro et Jeunet. La couleur, toujours obscure, alterne en effet entre les dominantes froides et chaudes: elle délimite les lieux, définit les états d’esprit, donne aux décors une majesté intimidante. Elle participe grandement à l’élaboration d’un univers sombre et confiné relativement proche de celui des réalisateurs de la Cité des Enfants Perdus.

C’est dans ce monde que le lecteur s’engouffre et suit pas à pas la lutte d’une femme entreprenante et séduisante pour le bien du peuple : la figure d’Ether Glister est la colonne vertébrale d’un album qui se trouve à mi-chemin entre nos rêves et nos cauchemars. Le lecteur, en tous cas, saura grâce au graphisme onirique de Yoann que la BD peut être aussi belle que la peinture. C’est bien grâce à ce genre d’album qu’elle mérite son appellation de 9è art.


Thomas Bronnec
( Mis en ligne le 16/11/2000 )
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