L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 20 février 2020
  
 
     
Le Livre
Bande dessinée  ->  
Comics
Manga
Historique
Réaliste
Fantastique
Science-fiction
Policier - Thriller
Aventure
Humour
Adaptation
Jeunesse
Les grands classiques
Chroniques - Autobiographie
Revues, essais & documents
Entretiens
Illustrations, graphisme et dessins d’humour
Autre

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Bande dessinée  ->  Chroniques - Autobiographie  
 

New York stories
Eric Drooker   Flood!
Tanibis 2009 /  18  € - 117.9 ffr. / 160 pages
ISBN : 978-2-84841-013-5
FORMAT : 16,5x24 cm
Imprimer

Eric Drooker aime et déteste à la fois sa ville. Il l’aime car il y situe l’action de son récit, fouillant recoins du métro et cieux autour des buildings. Il la déteste car il n’y parle que de dépression, de solitude, d’aliénation, d’exclusion et d’envie de fuite. Les vers sont dans la Grosse Pomme et il s’agit de s’en sortir vivant malgré tout, ou du moins de ne pas trop souffrir.

Les éditions Tanibis ont aujourd’hui la bonne idée de publier dans nos contrées ce livre qui avait suscité à sa sortie un bel enthousiasme de l’autre côté de l’Atlantique. Drooker a travaillé 7 ans avant de sortir ce livre inclassable, partant de la chronique sociale noire et dure pour terminer dans un demi-songe biblique étonnant. Si les trois récits peuvent être lus indépendamment, on peut y trouver une continuité narrative forte et originale, l’ensemble devenant étrangement homogène et formant une fresque rêvée/cauchemardée autour de la vie d’un new-yorkais dépassé par ce qui l’entoure.

La première partie, « Home », raconte la déchéance lente et progressive d’un ouvrier qui vient de perdre son boulot. Le noir et blanc est cru et implacable, la touche grossière, pâteuse, et le découpage fait des siennes faisant s’opposer larges vignettes expressives et petites séquences où le corps devient miette, une minuscule silhouette qui s’agite vainement. Par son côté brutal et novateur, on peut trouver ce premier récit comme le plus réussi, mais la suite vaut le détour. Dans « L », un homme – le même ou un autre, peu importe – s’engouffre dans le métro. La plongée va plus loin qu’un simple trajet et le voyage s’achève dans une bacchanale tribale où les morlocks du coin ont su retrouver l’appel de la nature. Ici, Drooker lâche son inspiration et part dans un délire plus convenu, mais toujours parfaitement maîtrisé techniquement.
Enfin, « Flood » fait office de dénouement spectaculaire et dramatique. Alors que la ville est plongée sous des averses continues, un dessinateur de bandes dessinées s’évade en cases et en rêve dans un autre lieu. Parcourant un Coney Island déprimant, il y découvre une brève histoire de l’Amérique à se pendre pour finir par s’échapper totalement de cet enfer.

L’inspiration de Drooker rebondit d’une page à l’autre. Les thèmes se multiplient, les références s’accumulent, pour former un récit virtuose et dynamique – entièrement muet – où la réalité se confronte aux symboles, où . Et si l’effet de surprise est aujourd’hui moins fort qu’en 1992, lorsque le livre fut publié pour la première fois, Flood! s’impose toujours par sa puissance graphique, sa maîtrise narrative, et sa singulière originalité.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 16/11/2009 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd