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Bande dessinée  ->  Chroniques - Autobiographie  
 

L’âge ingrat
Chester Brown   Je ne t’ai jamais aimé
Delcourt - Outsider 2010 /  13.95 € - 91.37 ffr. / 194 pages
ISBN : 978-2-7560-1449-4
FORMAT : 13,4x21 cm
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Réédition bienvenue d’un album introuvable en français depuis quelque temps, d’abord paru chez les 400 coups, et qui trouve aujourd’hui naturellement sa place dans la nouvelle mais déjà riche collection Outsider de Delcourt.
Je ne t’ai jamais aimé, c’est le récit autobiographique de Chester Brown, souvenirs d’une jeunesse banale mais forcément mouvementée, comme peut l’être toute adolescence. A travers de courtes scènes flottantes, on suit le parcours ordinairement initiatique d’un jeune garçon un peu gauche, un peu maladroit, un peu geek. A cet âge là, on est forcément idiot et les choses les plus simples deviennent des épreuves, et, à l’inverse, les catastrophes passent avec légèreté. C’est tout le paradoxe de l’adolescence où les personnalités se bousculent et se confrontent dans un corps lui-même en changement. Comme dirait l’autre, ça n’est pas sale, mais c’est diablement perturbant.

Les personnages de Chester Brown portent leur fragilité dès leur incarnation graphique : une tête trop grosse pour une silhouette trop frêle, un corps fait de courbes légères et fines, en constant déséquilibre. Ces êtres vulnérables évoluent dans de drôles de pages, elles-aussi trop aériennes pour que l’on s’y sente totalement en sécurité : il y a du tangage constant, une tendance à marcher sur le fil et un risque de s’écrouler. Brown refuse la planche classique, ce cadre rigide et claustrophobique. Les cases ne sont pas des vignettes au sens classique, mais des petites virgules graphiques flottant arbitrairement sur la surface blanche.

Pour l’occasion, Chester Brown refuse de porter un regard d’adulte sur son passé. Lorsqu’il raconte, il est encore ce gamin d’une quinzaine d’années. En puisant dans ses souvenirs, il en ramène des images sorties d’ailleurs, un peu floutées par le temps, aux perspectives faussées. Peu bavard, renfermé et dans l’incapacité physique d’en faire trop, il est pour Brown impossible de faire dans l’emphase, non pas que l’auteur cherche l’épure, mais , en phase avec son moi d’avant, il ne peut être loquace plus qu’il ne faudrait. Ainsi, alors que d’autres auraient insisté sur l’événement a priori dramatiquement clé du livre – la mort de la mère – Brown ne s’attarde pas et passe rapidement à autre chose.

Je ne t’ai jamais aimé fait partie de ces petits livres précieux, comme ceux d’un autre Brown, Jeffrey ( Clumsy, Unlikely), ou des souvenirs de John Porcellino (Moon Lake Trails). A la différence de beaucoup d’autobiographies, dessinées ou non, et de cette palanquée de blogs insignifiants, le travail de Chester Brown relève un défi de taille : faire de l’intime un récit malgré tout pudique et universel.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 13/07/2010 )
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