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Bande dessinée  ->  Chroniques - Autobiographie  
 

Des hirondelles qui firent le printemps
Jean-Pierre Filiu   Cyrille Pomès   Le Printemps des Arabes
Futuropolis 2013 /  18 € - 117.9 ffr. / 112 pages
ISBN : 978-2-7548-0861-3
FORMAT : 19,5 x 26,5 cm
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On le sait, le printemps est une question d’hirondelles et, en l’occurrence, il en va de même pour ces révolutions qui agitèrent – et continuent d’agiter – le monde arabe depuis décembre 2010. L’histoire est connue : le suicide d’un jeune marchand ambulant tunisien à Sidi Bouzid déclenche une crise politique d’ampleur qui, quelques jours plus tard, force le président Ben Ali à s’enfuir. Et bientôt, de proche en proche, c’est toute la région qui s’ébroue, en Egypte, en Lybie, au Yémen, etc. Partout, ce sont des petits, des humbles, des anonymes, autant d’hirondelles qui s’agitent, manifestent, revendiquent… Souvent le pouvoir est à nouveau confisqué par des structures déjà bien établies et pas forcément plus avenantes (cf. les cas égyptien ou libyen), mais dans l’intervalle, le mouvement populaire établit un précédent et éclaire un chemin qui jusque là, semblait une impasse.

C’est à ces révolutions, ces printemps des Arabes, que Jean-Pierre Filiu, au scénario, et Cyrille Pomès, au pinceau, consacrent un album original, entre récit, reportage et évocation historique. En 16 chapitres et autant d’histoires d’hirondelles, on traverse le monde arabe pour rencontrer ces anonymes (et quelques personnalités plus populaires), et les écouter raconter leur printemps, mais également la vie en dictature, et en révolution. Que ce soient Fadwa Suleiman, à Homs, Mahdi Zeyo à Benghazi, le groupe de rap PR à Gaza, Oussama Khlifi à Salé, etc. Chacun a une histoire à raconter, avec ses drames, ses refus et ses soulèvements – pacifiques ou violents. Quant au contexte, celui des dictatures, qu’elles soient laïques ou religieuses, elles sont évoquées sans fards, entre exactions, abus et violences.

A la manœuvre, Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po, a décidément investi – avec bonheur – la bande dessinée à des fins pédagogiques : en attendant le second volume des Meilleurs ennemis (avec David B., toujours chez Futuropolis), cette évocation frappe juste et offre de ces printemps arabes une vision kaléidoscopique, saisissante, qui alterne témoignage, commentaire et explication. Au graphisme, Cyrille Pomès s’est également emparé du sujet, et joue avec le réalisme – quasi télévisuel – de certaines images pour les détourner et leur conférer une charge symbolique forte…. quand il ne choisit pas de résumer, dans une image, les complexités d’une situation internationale (Mohamed Morsi en sphinx, ou Bachar el Assad en roue de loterie). On appréciera également son sens du mouvement, qui donne aux scènes de bataille et de révolution une intensité particulière. Le choix enfin de sortir des cases et de laisser le blanc de la page figurer un décor, un contexte implicite, est efficace et rompt avec le format BD, classique. Dans ce type d’ouvrages, il faut, pour éviter l’aspect « cours universitaire » savoir innover et résumer, ou du moins ruser avec l’image pour transmettre une idée, expliquer un raisonnement complexe : de ce point de vue, les deux auteurs ont trouvé la bonne méthode, et la lecture se fait d’autant plus fluide qu’elle est immédiatement compréhensible.

Un album très réussi donc, qui donne des printemps arabes une vision sans doute restreinte, mais pédagogique, sans manichéisme (le remède est parfois aussi contestable que le mal) et en ne prenant qu’un seul parti, celui des populations. Militant, mais pas indigent : une référence.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 07/07/2013 )
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