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Bande dessinée  ->  Chroniques - Autobiographie  
 

Thriller architectural
Pierre Christin   Olivier Balez   Robert Moses - Le Maître caché de New York
Glénat - 1000 feuilles 2014 /  22 € - 144.1 ffr. / 104 pages
ISBN : 9782723495844
FORMAT : 20x27,3 cm
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Robert Moses, c’est l’homme de l’ombre, celui que l’on ne voit pas mais dont la parole et plus encore la signature commandent tout, le « père Joseph » de la ville de New York, son éminence grise. Pendant une cinquantaine d’années, des années vingt aux années soixante-dix, Moses va penser New York, penser ses réseaux de communication, ses routes, ses autoroutes, ses loisirs, ses bâtiments de prestige comme ses plus petits terrains de baskets de rue, ses piscines, ses allées, etc. Les maires sont passés, les mandats aussi, mais Moses est resté, imposant à la ville comme à ses équipes d’entrepreneurs, d’architectes, son rythme et ses visions. La physionomie, notamment routière, de NY lui doit énormément et plus encore, de la moindre fontaine publique aux ponts les plus majestueux… un empereur caché au sein de la République et qui modela la ville à sa guise… ou presque !

Car, pour ambitieuses qu’elle furent, et visionnaires, ces conceptions furent finalement discutées, contestées par tous ceux qui déploraient dans NY le règne de la voiture et de l’autoroute, aux dépens des transports publics et des piétons. Moses, qui ne savait pas conduire, ne jurait que par la voiture, et usa de la voiture comme d’un outil pour organiser, transformer la ville, éradiquer ses vieux quartiers et, parfois aussi, favoriser la ségrégation sociale. Sa plus brillante adversaire, Jane Jacobs, dénonce en effet un urbanisme inhumain, avec des accents ségrégationnistes. Entre ces deux visions, New York se déploie, s’étire, s’érige : ses voies s’organisent comme autant d’artères amenant la vie au cœur de la ville, ou de l’air et des loisirs dans sa périphérie. Avec Moses, on voit grandir New York, comme une immense leçon d’histoire et d’urbanisme.

Voilà un album très réussi, en ce qu’il raconte tout à la fois un homme, une ville, un destin et un duel; un duel, de conceptions comme d’individus. Pierre Christin montre, une fois de plus, qu’il n’est pas seulement le papa, comblé, de Valérian : il est également un conteur subtil, qui sait s’emparer d’un sujet, même improbable, pour en donner une interprétation toute littéraire et empathique. Cette histoire de Moses est une occasion de voir New York, presque un hommage, une balade émue et fascinée dans une ville immense, prise sous l’angle de l’urbanisme, un siècle d’histoire entre autoroutes et quartiers. On se promène, on lève la tête, on découvre la ville et chaque mètre carré a son histoire… qui se croise souvent avec celle de Moses. Mais il fallait pour cela un dessinateur qui sache donner à la ville une silhouette humaine, qui sache montrer le passage du temps, jouer des époques et des projets pour les rendre vivants, dans un style qui ne serait pas trop formel pour ne pas se concentrer sur l’homme mais bien sur l’œuvre. Et Olivier Balez y réussit, ô combien : l’album est d’une beauté confondante, et d’une poésie toute urbaine. Chaque image semble un hommage aux années cinquante, et à une certaine vision de la ville. Ce roman graphique témoigne non seulement de la vision d’un Moses, brillamment analysée par Pierre Christin, mais également de la maîtrise graphique d’Olivier Balez, qui a trouvé le ton juste pour raconter cette histoire. Une réussite, véritable déclinaison BD et urbanistique de la série Mad Men.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 10/02/2014 )
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