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Bande dessinée  ->  Policier - Thriller  
 

Une sale affaire
Denis-Pierre Filippi   Patrick Laumond   John Lord (opus 3) - Bêtes sauvages
Les Humanoïdes associés 2011 /  12.90 € - 84.5 ffr. / 56 pages
ISBN : 9782731616699
FORMAT : 24x32 cm

Couleurs: Alex Bleyaert et Digikore Studios
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Suite et fin de cette première longue aventure de John Lord accompagnée de sa jeune et jolie acolyte Clara Summers. Ces deux détectives d’une unité très spéciale enquêtent, dans le New York de 1918, sur une série de meurtres particulièrement atroces : plusieurs personnes ont été retrouvées mortes, le corps tailladé par une mystérieuse créature. Déjà, dans le tome précédent, les pièces du puzzle commençaient à se mettre doucement en place : suite à un naufrage, une jeune femme devenait une Robinson Crusoé plutôt sauvage et sanguinaire. De retour sur le continent, les choses ne s’arrangeaient pas pour elle, devenue outil d’observation et d’analyse pour des scientifiques plutôt rustres. Les choses auraient pu s’arrêter là si cette jeune femme n’avait pas donné naissance à une petite fille qui commençait plutôt mal dans la vie en étant enfermée en permanence avec sa mère dans une sombre et moite cellule.

Ce dernier épisode revient en détail sur les tenants de cette affaire et, par un jeu d’allers-retours constants entre le passé et le présent, donne finalement les clés à toutes les questions que l’on pouvait se poser. Et comme on dit, c’est vraiment une sale affaire… Dans ce New York d’après guerre, les valeurs humaines en ont pris pour leur grade : la psychiatrie est encore balbutiante, les cas cliniques traités comme des bêtes, et les savants d’aujourd’hui ont en eux la même sauvagerie que les pirates d’autrefois (cf. le premier tome). Et au-delà, c’est la condition de la femme qui est de même malmenée. Il n’y a qu’à voir comment depuis le début Jon Lord et son associée imposée se bouffent le bec en permanence…

Un peu inutilement compliqué (notamment dans le nombre de personnages qui défilent, morts ou vivants), le récit se laisse malgré tout suivre avec un grand intérêt, porté par une reconstitution soignée, un découpage rythmé, et une recherche permanente dans la façon de raconter astucieusement une histoire : pages entièrement muettes, voix en écho, vignettes isolées au milieu d’une planche… Quelques belles scènes d’action, un peu chic et toc, émaillent encore une fois cet album. Le genre est certes connu, mais il est ici aimablement et efficacement revisité.

Le dessin de Patrick Laumond n’est évidemment pas pour rien dans le plaisir que l’on prend à suivre cette aventure policière. L’artiste excelle dans l’expressivité des corps, l’élégance des positions, et la mise en place d’un décor, d’une ambiance. Si parfois les traits du visage perdent un peu en précision, au point de rendre confuse l’identité de certains protagonistes, l’ensemble reste d’une grande efficacité. Un petit regret vient pourtant de la mise en couleurs. Les deux premiers tomes avaient été colorisés par le talentueux Sébastien Gérard qui avait su se servir du trait de Laumond tout en ajoutant un maximum d’effets personnels, de jeux de lumière, de flous artistiques bienvenus, pour aboutir au final à une identité visuelle forte et originale. Ici le coloriste a cédé sa palette graphique à Alex Bleyaert et à Digikore Studios. Le travail est professionnel, évidemment, mais il manque cette chaleur et ce rendu quasi traditionnel qui faisait le charme des premiers épisodes. Le rendu est plus lisse, plus numérique plus froid. C’est une autre ambiance, peut-être plus spectaculaire (le réalisme est poussé à l’extrême, notamment pour les effets de matière et de texture), mais moins personnelle. Il n’en reste pas moins que dans le genre, John Lord reste une série soignée et très réussie, et qui promet peut-être d’autres belles aventures.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 21/02/2011 )
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